Évaluations foncières truquées: Blaine Higgs veut clarifier les «contradictions»

Le Parti progressiste-conservateur veut obliger les principaux protagonistes du fiasco de l’impôt foncier à témoigner sous serment devant un comité de l’Assemblée législative.

Le chef de l’opposition officielle a présenté une motion, mardi, pour forcer le chef de cabinet du premier ministre Brian Gallant et certains dirigeants de Service NB à s’expliquer devant les députés.

À la lumière de l’examen spécial de la vérificatrice générale, Blaine Higgs et son parti veulent notamment clarifier les «contradictions» dans les témoignages du premier ministre et de son chef de cabinet, Jordan O’Brien.

Dans son rapport publié le mois dernier, Kim MacPherson a conclu qu’il n’existe aucune preuve que Brian Gallant et son personnel ont donné l’ordre d’accélérer la mise en oeuvre du nouveau programme d’évaluation de la valeur des propriétés, malgré des «comptes rendus contradictoires» entre la version des faits de M. O’Brien et celle du PDG de Service NB a l’époque, Gordan Gillman.

Lors de son entretien avec la vérificatrice générale, M. Gallant a indiqué avoir seulement appris l’existence de la mise en oeuvre accélérée du programme en mars 2017. M. O’Brien a cependant confié aux médias en avril qu’il était déjà au courant de la mise en oeuvre accélérée en mai 2016, près d’un an plus tôt.

«L’un des deux ne dit pas la vérité. Si nous voulons aller au fond de cette affaire, (cette motion) va nous permettre d’y arriver», a déclaré M. Higgs.

En plus de Jordan O’Brien et de Gordan Gillman, les conservateurs veulent faire comparaître l’actuel chef de la direction de Service NB, Alan Roy, le directeur général des services de l’évaluation foncière, Charles Boulay, et le directeur de la modernisation, René Landry.

La motion du Parti progressiste-conservateur a peu de chance d’être adoptée puisque le gouvernement a déjà indiqué que ses députés qui détiennent la majorité à l’Assemblée allaient voter contre.

Le chef du Parti vert, David Coon, a cependant l’intention d’appuyer la motion de l’opposition officielle. Il espère notamment apprendre pourquoi personne n’a mis fin à la mise en oeuvre accélérée du nouveau programme d’évaluation foncière alors que le train était clairement sur le point de dérailler.

«Nous devons faire comparaître les joueurs clés devant le comité. C’est notre travail en tant qu’Assemblée de surveiller les activités du premier ministre et de son cabinet. L’exécutif peut ne pas aimer ça, mais c’est notre rôle», a commenté M. Coon.

«Il n’y a pas de question en suspens»

Le ministre de Service NB, Serge Rousselle, a rejeté l’idée selon laquelle il resterait encore des choses à éclaircir dans cette affaire après la publication du rapport de Kim MacPherson.

«La vérificatrice générale a été très claire dans son rapport, il n’y a pas de question en suspens, il n’y a pas de mystère», a-t-il dit.

M. Rousselle a rappelé que Mme MacPherson avait le pouvoir de faire comparaître des témoins sous serment, mais qu’elle avait décidé de ne pas le faire puisque l’ensemble des protagonistes ont collaboré à son enquête sans se faire prier.

«L’opposition essaye de faire des gains politiques. Le rapport est très clair. (Mme MacPherson) a fait tout ce qu’elle avait à faire. L’opposition n’aime pas le rapport alors ils remettent en question son travail.»

Serge Rousselle n’a pas été capable d’expliquer les contradictions entre le témoignage du premier ministre et celui de son chef de cabinet.

Blaine Higgs s’est défendu de s’en prendre au travail de la vérificatrice générale en affirmant que ce que son parti tente de faire est différent du travail de Mme MacPherson.

«Elle se concentre sur le processus, sur les racines des problèmes et sur ce qui peut être amélioré et je la respecte pour ça. Souligner les mauvais comportements politiques, c’est notre travail et c’est ça notre but ici.»