La LHJMQ retire des leçons du décès de Jordan Boyd

Le décès du hockeyeur Jordan Boyd, le lundi 12 août 2013, n’aura pas été vain.

Quatre ans et trois mois après que le jeune espoir du Titan d’Acadie-Bathurst ait été terrassé par une crise cardiaque sur la glace du Centre régional K.-C.-Irving, le matin même de l’ouverture du camp d’entraînement, la Ligue de hockey junior majeur du Québec a fait savoir mardi que des changements importants ont été apportées afin d’améliorer la sécurité des joueurs et de prévenir de nouveaux décès.

Les changements les plus significatifs sont l’obligation pour chacune des 18 formations du circuit de se doter d’un défibrillateur automatisé externe (DAE) en bon état de marche, ainsi que l’assurance qu’au moins trois membres du personnel soient formés à la réanimation cardio-respiratoire (RCR) et aux techniques de sauvetage, dont l’utilisation du DAE. De plus, au moins deux de ces membres du personnel doivent être présents lors des activités de l’équipe, que ce soit aux parties ou encore aux entraînements.

Le commissaire Gilles Courteau a également profité de l’occasion pour présenter des excuses officielles à la famille Boyd.

«La LHJMQ veut reconnaître la détermination de la famille Boyd dans l’accomplissement des changements annoncés pour mieux protéger nos joueurs, a révélé le commissaire par voie de communiqué. Aujourd’hui, la ligue prend des mesures additionnelles dans le but de réduire les risques que ce type d’incident ne survienne à nouveau. Aussi tragique que cet événement ait été, la ligue a appris de cette tragédie et s’est engagée à comprendre comment cette situation a été gérée. Au moment des événements, la ligue a communiqué de l’information qui s’est révélée par la suite comme n’étant pas totalement fidèle aux événements survenus. La ligue voudrait offrir ses excuses les plus sincères à la famille Boyd.»

Courteau a aussi révélé qu’un questionnaire plus approfondi sur l’état de santé des athlètes est désormais obligatoire. Le jeune Boyd avait passé des examens médicaux avant le camp d’entraînement, mais la ligue n’exigeait alors pas d’examen cardiaque dans le cadre de ces tests. L’autopsis a plus tard révélé que Boyd avait une maladie cardiaque non diagnostiquée.

Chez le Titan, on accueille ces changements d’un œil plus que favorable. Il n’en reste pas moins que l’organisation n’a pas attendu ces changements pour agir. Depuis quelques années, on retrouve trois défibrillateurs dans le Centre régional K.-C.-Irving. Un se trouve dans le hall d’entrée, un autre dans le vestiaire et un dernier est portatif.

«Ça fait déjà quelques années que nous sommes allés de l’avant avec ça, affirme le directeur général Sylvain Couturier. Nous avons trois défibrillateurs dans l’aréna parce que nous ne voulons plus que ça arrive. Le décès du jeune Boyd est encore un sujet sensible dans l’organisation. Chaque fois que le sujet est abordé, ça vient nous chercher. Personnellement, je pense régulièrement à la famille Boyd. Ça n’a pas dû être facile pour eux de vivre tout ça.»

Le président du conseil d’administration, Serge Thériault, souligne de son côté que l’organisation n’a de cesse de trouver des façons pour s’améliorer à ce niveau.

«Tout est fait pour éviter qu’un tel événement se répète, assure-t-il. Il faut toujours continuer de trouver des façons de nous améliorer. Nous voulons protéger les jeunes à tout prix et ça implique aussi le code de conduite au sujet des suspensions.»

Du côté de la famille, le père Steve Boyd s’est dit satisfait des changements apportés. En entrevue avec Radio-Canada, M. Boyd a révélé que les malaises cardiaques comme celui dont souffrait son fils continueront de se produire dans l’avenir. Toutefois, grâce à un DAE, une personne a 90% de chances de s’en tirer si l’appareil est utilisé dans la première minute suivant l’incident.

«Nous espérons continuer à faire de la sensibilisation et nous avons espoir que les deux autres ligues junior majeures, et peut-être même les ligues mineures, réaliseront que ce qui est annoncé aujourd’hui est une bonne idée», a ajouté M. Boyd.

Debbie Boyd, la mère du jeune hockeyeur, dit avoir le sentiment que son fils a enfin droit à un peu de justice et que tous ces changements doivent être vus comme étant très positifs.

«Depuis la mort de Jordan, nous nous sommes dévoués à éveiller la conscience des gens sur l’importance de la préparation des situations de premiers soins d’urgence, sur les formations de RCR et de DAE avec la LHJMQ et dans le sport en général. Nous faisons cela en mémoire de Jordan, mais également dans l’intérêt de tous les jeunes athlètes. Nous saluons la LHJMQ d’avoir révisé les faits reliés à cette douloureuse tragédie et d’avoir appris de celle-ci» ont expliqué Debbie et Stephen Boyd par voie de communiqué.

La LHJMQ s’est engagée à contribuer financièrement à la Fondation Jordan Boyd, un organisme dont l’objectif est d’éduquer et de conscientiser les gens sur les maladies cardiaques des jeunes, particulièrement des athlètes.

Originaire de Bedford, en Nouvelle-Écosse, Jordan Boyd avait été repêché en quatrième ronde (66e au total) par le Titan en juin 2013. L’organisation fondait de grands espoirs sur ce jeune colosse de 6 pieds 1 pouce et de 193 livres. On le voyait comme un attaquant de puissance avec un potentiel offensif certain. Il a disputé sa dernière saison de hockey avec les Riverhawks de Rothesay Netherwood.