Sanctionnée pour avoir critiqué publiquement Mgr Jodoin

La tension monte d’un cran parmi les croyants qui contestent les décisions de l’évêque de Bathurst, alors qu’une laïque qui occupait différentes fonctions ministérielles au sein de la Cathédrale du Sacré-Cœur a perdu ses privilèges, à cause de ses prises de positions publiques.

Durant plus de 40 ans, Cecile Lavigne a donné la communion, fait des lectures durant les messes, chanté lors des funérailles à la Cathédrale.

La récente mise au repos forcée du père David Ferguson, qui assistait le curé de la paroisse anglophone Holy Family à Bathurst, l’a ébranlée.

Elle a d’ailleurs pris part au rassemblement pacifiste contre le style de gestion de Monseigneur Daniel Jodoin qui s’est tenu à Bathurst, le 19 novembre.

Mme Lavigne, une citoyenne de Big River, a également fait quelques commentaires sur les réseaux sociaux, notamment sur la quête lors des obsèques. Elle affirme s’être sentie mal à l’aise dernièrement de communier les paroissiens.

«Le 18 novembre, j’ai procédé à la communion et quand j’étais debout sur l’autel, je me disais que je ne devrais pas être là, parce que je ne ressens plus la même chose vis-à-vis de l’Église catholique. Je me sentais hypocrite de donner la communion aux gens, quand je ne suis pas en accord avec ce que l’évêque fait. Quand je suis rentrée à la maison, j’ai décidé que c’était fini, que j’arrêtais tout. J’ai essayé de contacter la dame qui fait les horaires pour lui dire de retirer mon nom de la liste pour le prochain mois», relate-t-elle.

Le curé du secteur anglophone de la cathédrale, Keith Goldrup, a dû ressentir les mêmes impressions que Cecile Lavigne, en lui rédigeant une lettre, qu’un prêtre de sa paroisse lui a remis en mains propres. Dans le document daté du 30 novembre dont l’Acadie Nouvelle a obtenu copie, il écrit que des plaintes de paroissiens ont été reçues à la suite de ses actions et de ses déclarations et qu’elle a rompu la communion avec l’évêque et le prêtre.

Le pasteur lui a signifié qu’elle ne pouvait donc plus avoir une quelconque responsabilité au sein de l’église, et ce jusqu’à ce qu’elle se repente.

«Je comprends que des paroissiens ne veulent pas recevoir le corps du Christ de moi, mais je n’ai rien fait dont je dois me repentir. Je me repentirai quand je serai sur mon lit de mort et que je parlerai au Seigneur pour qu’il vienne me chercher», soutient-elle.

Même si la lettre est signée par le père Goldrup, Cecile Lavigne est convaincue que l’évêque est en arrière de tout cela.

«Je n’ai pas perdu ma foi, mais j’ai perdu foi dans les personnes qui dirigent l’église. Nous avons besoin d’un nouvel évêque et d’un nouveau vicaire», assène-t-elle.

Dans nos pages en novembre, Mgr Jodoin disait que toutes les décisions, qu’il ne prend généralement pas seul, sont prises pour le bien des paroisses et des prêtres.