Un trou de 304 000$ dans le budget de Dalhousie

«C’est comme si on venait de m’amputer les deux bras et les deux jambes.»

Le maire de Dalhousie, Normand Pelletier, vient de recevoir une bien mauvaise surprise. Sa subvention de financement et de péréquation communautaire vient en effet de subir une cure d’amaigrissement considérable, créant du coup un manque à gagner de 304 000$ en plein exercice budgétaire.

Ce transfert gouvernemental est établi à l’aide de plusieurs facteurs, notamment l’assiette fiscale de la communauté et la densité de population. Mais voilà, l’assiette fiscale de Dalhousie vient de reculer de 126 000$. En dix ans, on parle d’un recul titanesque de 140 000 000$.

Sa population, elle, continue également de chuter. Conséquence: la subvention suit cette tendance et est révisée à la baisse. Une très mauvaise nouvelle pour une petite ville qui peine déjà à joindre les deux bouts.

La subvention du gouvernement s’établit  cette année à 1 228 782$, en chute de 388 641$. Certes, l’octroi d’une subvention de 84 000$ en provenance d’un programme d’assistance financière vient jeter un petit baume sur cette perte, mais il demeure loin d’être suffisant.

Cette nouvelle, il va de soi, est bien mal accueillie au sein du conseil municipal de Dalhousie, surtout qu’on est en plein processus d’élaboration du prochain budget.

«Nos discussions (au conseil) allaient vraiment bien, on était même prêt à assumer une certaine baisse de la subvention – même jusqu’à 100 000$ – sans devoir augmenter les taxes. Et si la subvention demeurait inchangée, on avait été jusqu’à penser abaisser notre taux foncier de 0,01$, question de donner un peu de répit à nos citoyens qui ont été durement éprouvés au cours des dernières années à ce chapitre», explique le maire de Dalhousie, Normand Pelletier.

Il va de soi que d’apprendre que l’on doit trouver 304 000$ du jour au lendemain a grandement changé la donne.

«Ça représente une augmentation de 0,15$ du taux foncier. C’est impensable», clame le maire, ajoutant se sentir insulté.

«On a fait notre travail. On tente de réduire nos dépenses, on coupe dans notre personnel et, à la fin, on a l’impression de tout faire ça pour rien puisqu’on vient nous couper l’herbe sous le pied. Ce n’est pas acceptable», rage M. Pelletier, qui entend bien appeler avoir un entretien à ce sujet avec le ministre responsable du dossier.

«On va tout faire pour ne pas toucher à notre taux foncier, mais ce sera peut-être inévitable, car il y a des limites à ce que nous pouvons faire comme coupures dans la municipalité et abandonner comme projets», ajoute-t-il.