La Couronne accuse un agresseur sexuel de jouer la comédie

Décision plutôt inédite à la Cour provinciale de Bathurst, mercredi. Mario Levesque, qui a été reconnu coupable d’agressions sexuelles sur une mineure, subira une évaluation servant à déterminer son aptitude à suivre la fin de son procès.

L’accusé devait recevoir sa sentence, mercredi, mais elle a été reportée, son état ayant soulevé des arguments entre la défense et le ministère public. S’il a quand même pris le chemin de la prison, c’est pour être y évalué pendant cinq jours, comme l’a décrété la juge.

M. Levesque, qui est âgé de 38 ans, a été trouvé coupable, à la fin octobre, de quatre accusations, soit deux d’agressions sexuelles et deux d’invitations à des attouchements. Les faits se sont produits de 2010 à 2012, à Petit-Rocher et à Madran.

L’avocat de l’aide juridique, Me Paulin, a signifié, d’entrée de jeu à la cour, qu’il n’a pas pu tenir une conversation sensée avec son client depuis son arrivée et que celui-ci ne semblait pas comprendre ce qui se passait.

Selon la famille, Mario Levesque souffrirait de crises d’épilepsie. Présent à l’audience, il était assis dans un fauteuil roulant.

La défense demandait au départ un ajournement de la sentence, le temps que l’accusé reprenne ses esprits.

La Couronne, par la voix de Me René Dumaresq, s’y opposait, estimant que l’accusé joue la comédie.

«Cela fait longtemps que nous faisons affaire avec M. Levesque et c’est tout le temps la même chose. Lorsqu’il arrive en cour, il est tout le temps malade. On le renvoie, on ajourne les audiences et il ne nous apporte pas les rapports comme il est censé le faire pour démontrer qu’il est réellement malade», a expliqué au tribunal le procureur de la Couronne.

La juge Joanne Durette a posé quelques questions à l’accusé, mais il ne répondait pas ou marmonnait.

Il a cependant chuchoté être en cour, lorsque la magistrate l’a questionné sur le lieu où il se trouvait et il a lâché «pour finir ça» en réponse à la raison de sa présence.

Après une pause, la juge a ordonné que l’accusé soit évalué. M. Levesque sera de retour en cour le 14 décembre, pour le rapport de son examen.