Violence faite aux femmes: une réalité toujours présente

La violence envers les femmes perdure toujours dans la Péninsule acadienne. L’Accueil Sainte-Famille, qui vient en aide aux victimes de violence conjugale, a été plus occupé cette année.

«Il y a davantage de femmes qui se présentent à l’accueil pour de l’hébergement et elles restent plus longtemps. Elles utilisent aussi plus les services à l’externe, donc les services qu’on offre dans la communauté», rapporte Nadia Losier, directrice de l’accueil Sainte-Famille.

La directrice précise qu’on remarque une tendance provinciale et que plusieurs des organismes sont plus occupés cette année. Mais il est dur d’avoir une explication. L’organisme aime croire qu’il s’agit d’une plus grande ouverture des femmes à s’en sortir.

«Je pense que c’est la sensibilisation et l’éducation qui fait que les gens vont aller vers les services», estime Mme Losier.

L’Acadie Nouvelle a rencontré la directrice au campus de Shippagan de l’Université de Moncton, là où a été souligné, mercredi, la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes.

D’autres organismes étaient présents et quelques dizaines de personnes ont participé à une marche silencieuse près de l’université.

«Ça ne finit pas»

Pour Dora Lanteigne, qui travaille auprès de familles victimes de violence dans la Péninsule acadienne, la lutte semble parfois sans fin.

«On se dit que ça ne finit pas. Dans le sens qu’il y en aura tout le temps et on voudrait que ça diminue, mais ça ne diminue pas», raconte la travailleuse sociale des Services à la Famille de la Péninsule.

Elle ajoute qu’il y a des cas où les femmes sont en «danger extrême» et s’inquiète que certaines se retrouvent mortes.

«Des fois, il faut déployer tous les moyens possibles, développer des plans de sécurité avec elle pour la protéger», raconte Mme Lanteigne.

Mais il n’est pas toujours facile de briser le cycle de la violence et de quitter le domicile familial avec les enfants.

«Il y a des gens qui n’osent pas. Les valeurs familiales sont fortes, elles ne veulent pas séparer les enfants de leur père. Il y a aussi la situation monétaire. Il y a aussi l’espoir que l’homme change», souligne-t-elle.

Dora Lanteigne s’active aussi à renverser la tendance comme vice-présidente de la Table de concertation pour contrer la violence conjugale et familiale de la Péninsule acadienne.

La Table a lancé une campagne de napperons pour sensibiliser les jeunes, les femmes et les personnes âgées à la violence. Il y a également des ateliers qui se donnent.

«Il y en a beaucoup dans les écoles. Il y a des ateliers qui se donnent dans les écoles pour les relations saines, au niveau des agressions sexuelles et le consentement. Ça commence très très jeune», précise Mme Lanteigne.

Impact du mouvement #moiaussi

Selon le président de la Table, le mouvement #moiaussi, qui a mené à la dénonciation de présumés agresseurs sexuels dans plusieurs pays, s’est fait ressentir dans leurs activités.

«Nous avons eu plus de demandes des organismes communautaires et des écoles pour faire des présentations au niveau du consentement, aux relations sexuelles», souligne Patrice Ferron, qui travaille également comme agent communautaire pour la Gendarmerie royale du Canada (GRC).