Un service de transport communautaire pour lutter contre la pauvreté et l’isolement

Un nouveau service de transport adapté aux besoins des personnes à faibles revenus ou isolé en zone rurale verra le jour au Restigouche d’ici quelques mois.

Si tout va bien, le réseau de covoiturage Transport communautaire Restigouche amorcera ses opérations à la mi-juin, au plus tard durant l’été. Ce nouveau programme, chapeauté par les Réseaux d’inclusion du Restigouche, est encore au stade de l’élaboration pour le moment.

L’objectif de cette initiative: avoir sur l’ensemble du territoire une équipe de chauffeurs bénévoles disposés à transporter des personnes en manque d’autonomie, donc ayant besoin d’un moyen de transport.

La clientèle cible de cette initiative? «On parle ici de personnes âgées, à faible revenu. Des mères monoparentales, d’étudiants qui doivent voyager au collège ou encore des gens qui n’ont tout simplement pas de véhicule. Les besoins sont grands et très diversifiés», explique Chantal Bernard, coordonnatrice du projet.

Si la pauvreté est particulièrement présente dans la ville de Campbellton, l’ensemble du Restigouche est néanmoins loin d’être en reste. Et qui plus est, il s’agit d’un secteur très rural, ce qui complique grandement le transport pour certaines personnes moins fortunées.

«Il y a donc plusieurs personnes avec un faible revenu qui vivent loin des services et qui, comme tout le monde, sont appelées à se déplacer occasionnellement. Pour certains, c’est un défi quotidien que de se rendre à l’épicerie, à la pharmacie, au travail ou encore à un rendez-vous médical. On veut aider ces gens en leur fournissant la possibilité de se déplacer pour leurs besoins essentiels, et ce, à faible coup», note Mme Bernard, précisant que l’objectif n’est toutefois pas de se substituer au service de taxi en place.

«On est loin de vouloir leur faire compétition. Cela dit, il existe une clientèle qui ne parvient pas à se déplacer parce qu’elle n’a pas les moyens de le faire et c’est à elle que l’on s’adresse. On veut lui donner cette option. En fait, il s’agit ni plus ni moins que d’un outil pour lutter contre la pauvreté et briser l’isolement», indique-t-elle.

À titre d’exemple, à 0,30$ ou 0,35$ le kilomètre, un aller-retour Balmoral-Campbellton reviendrait à moins de 20$. En taxi, on peut aisément parler du double.

Le concept de ce réseau communautaire de transport n’est pas nouveau. Il existe des réseaux similaires dans plusieurs communautés de la province, notamment dans la Péninsule acadienne, dans le comté de Kent ainsi que dans le sud de la province.

«Mais ici, c’est quelque chose qui manquait et le besoin a clairement été identifié dans la communauté. En fait, le programme n’est même pas encore en place que l’on reçoit déjà plusieurs appels par jour», confirme la coordonnatrice.

Le réseau fonctionnera à l’aide de chauffeurs bénévoles. Seul leur kilométrage sera payé.

«Les gens ne vont pas se mettre riche avec ça, ce n’est pas un emploi. Le montant forfaitaire servira tout juste à payer l’essence et une partie de l’usure du véhicule. Les personnes qui veulent participer le font parce qu’elles veulent aider leur prochain, contribuer à leur communauté. Pas pour l’argent», souligne Mme Bernard.

L’organisme a commencé le recrutement au niveau des chauffeurs. Près d’une dizaine se sont déjà enregistrés à Kedgwick, quatre à Balmoral et deux à Belledune pour ne citer que ces communautés.

«Ça va très bien côté recrutement. On est très content d’ailleurs qu’il y ait un intérêt marqué pour les secteurs situés aux extrémités de la région, soit là où il n’y a pas ou peu de service de taxi», ajoute Mme Bernard.