Autre collision à une intersection jugée dangereuse à Tracadie

Une collision entre deux véhicules survenue dimanche soir vers 19 h a fait deux blessés. L’accident s’est produit à l’intersection des chemins J Godin, Saulnier Ouest et la rue Robinson, un secteur où le risque de collision est particulièrement élevé.

Depuis janvier 2016, sept collisions, dont quatre en 2017, ont eu lieu à cette intersection, dit le sergent Marc Beaupré de la GRC.

Dimanche soir, un véhicule de marque KIA provenant du chemin J Godin, où il y a un arrêt obligatoire, n’a pas cédé la priorité de passage à un véhicule de marque Honda circulant en direction est sur le chemin Saulnier Ouest.

Les deux occupants de la KIA ont été transportés à l’Hôpital de Tracadie-Sheila. Les blessures sont considérées comme étant sérieuses, mais leur vie n’est pas en danger.

«Cette intersection est très connue des autorités policières. L’endroit comporte des angles morts de chaque côté. Pour le véhicule provenant du chemin Robinson, une grosse maison se situe toute juste à la droite de l’arrêt. Pour les véhicules provenant du chemin J Godin, il faut redoubler de prudence, car il y a un arbuste», explique le sergent Beaupré.

En octobre 2016, des aménagements ont été faits pour sécuriser l’intersection. Huit arbres obstruant la vue ont été coupés par la municipalité. Selon le maire de Tracadie, Denis Losier, il faut cependant en faire bien plus pour trouver une solution permanente.

«Si on prend l’exemple de dimanche soir, il y a d’autres choses à faire. D’après les commentaires que je reçois, la visibilité est moindre à cette intersection qu’ailleurs. Le chemin Saulnier Ouest est assez long et les gens ont parfois tendance à faire un peu de vitesse.»

La municipalité aimerait agir, dit M. Losier, sauf qu’elle est limitée dans ses actions. Les routes du secteur de Saumarez sont gérées par le ministère du Transport du Nouveau-Brunswick. Le maire porte une partie du blâme sur l’entente négociée avec le gouvernement provincial avant le regroupement de 2013 dans laquelle la province s’engageait à entretenir et remettre en état les routes dans les anciens DSL du Grand Tracadie jusqu’en 2022.

«Quand il y a des situations comme celles de dimanche, les gens se trouvent entre l’arbre et l’écorce. Quand il faut prendre des actions concrètes, la municipalité a les mains liées. En n’ayant pas la gestion des routes, on n’a pas le droit d’intervenir concrètement. On est limité dans ce qu’on peut faire. On peut rapporter le problème et attendre le gouvernement.»

Au cours des dernières années, la province a entrepris la remise en état de plusieurs routes dans les anciens DSL, mais encore une fois, le maire soulève des préoccupations.

«Prenons Saint-Irénée par exemple. Les travaux ont été mal effectués. Les citoyens ont reproché au gouvernement d’avoir placé du chip seal (revêtement en pierres concassées bitumées). Quand on regarde, on est à la merci des priorités du gouvernement provincial. Si la province veut demeurer propriétaire des routes, les préoccupations doivent être réglées rapidement ou il faut trouver une alternative pour que nous soyons capables de bien gérer notre municipalité. En ce moment, nous avons une gouvernance à moitié.»

Pour réduire les collisions à Saumarez, le maire voudrait installer un arrêt quatre sens ou même des feux de circulation.

«On en parle ça fait longtemps. Je pense qu’on est rendu à l’étape de passer à l’action. Il ne faut pas attendre qu’il ait des décès ou d’autres blessés. Souvent, on a tendance à attendre un événement tragique pour prendre de grands moyens. L’accident de dimanche, c’est un accident de trop. La vie des gens est plus importante que les montants qu’il faut consacrer à la situation.»