Des entrepreneurs du N.-B. prennent le virage numérique

Le magasinage en ligne fait mal à des détaillants du Nouveau-Brunswick, comme l’expliquait l’Acadie Nouvelle jeudi. Mais des entrepreneurs de la province ont décidé de s’adapter à l’ère du numérique et certains ont même abandonné l’idée d’avoir une boutique physique.

Marie-Pier Chiasson lance une boutique en ligne de bikinis. – Gracieuseté

Marie-Pier Chiasson ne veut pas vendre ses bikinis dans un magasin avec les traditionnels présentoirs, cabines d’essayage et vendeurs.

La jeune femme âgée de 21 ans, qui complète un diplôme en administration à l’Université de Moncton, a plutôt décidé de lancer une plateforme en ligne pour vendre ses maillots de bain.

«La part de marché est beaucoup plus grande en ligne. Tu peux avoir plus de ventes que si tu restes juste au niveau local. Il y a plusieurs avantages, mais il y a aussi des défis parce qu’il y a une forte concurrence», lance l’étudiante de Moncton.

Le lancement de son site, Malina Swimwear, est prévu à la fin février et elle est en attente d’une réponse de la CBDC de Tracadie pour avoir une subvention.

La jeune femme originaire de Caraquet fait affaire avec une entreprise indonésienne pour la production de cinq modèles de maillot de bain, une manufacture «équitable et éthique», prend-elle soin de préciser.

Marie-Pier Chiasson compte miser sur une forte présence en ligne pour mettre en valeur ses bikinis. Elle compte être active sur Facebook et Instagram. Des défis propres au numérique l’attendent.

«Pour les tailles, il va falloir que j’arrive à bien démontrer à partir de photos et peut-être des vidéos comment le bas et le haut du bikini s’agencent. Quelle grandeur, avec quel type de personne. Il faut vraiment bien détailler le tout parce que, sinon, je vais avoir un problème avec le retour de produits», explique l’entrepreneure.

Virage numérique : plusieurs défis

D’autres entrepreneurs ont maintenant une présence en ligne pour faire face à la compétition des gros joueurs actifs sur internet et pour s’adapter aux consommateurs, sans abandonner leurs magasins physiques.

Mais développer une plateforme en ligne d’achats et de livraison peut représenter un gros investissement. En contactant des Chambres de commerce et en discutant avec des entreprises, nous avons constaté que les commerces à avoir pris cette direction sont très rares dans la Péninsule acadienne et la région de Bathurst.

Chaussures McGraw, qui possède cinq boutiques dans le Nord-Est, a fait ce choix «nécessaire» au printemps. Il est maintenant possible de se faire livrer des chaussures chez soi en commandant sur internet.

«C’est sûr qu’on réagit par rapport aux gros joueurs qui se sont mis, dans notre cas à nous par exemple, à vendre des chaussures. Nous avions aussi une demande des clients qui voulaient voir de chez eux nos produits. Donc c’est pratique même pour les gens de la région», explique le copropriétaire, Marc McGraw.

L’entreprise familiale, qui existe depuis 60 ans, veut aussi en profiter pour vendre plus de chaussures dans le reste de la province. L’implantation a toutefois été un défi.

«Avoir une plateforme à jour sur internet, c’est plus demandant qu’on pensait. Il y a beaucoup d’organisation derrière ça», souligne M. McGraw.

L’entreprise engrange des ventes avec son site, mais le tout prend un peu de temps à décoller et les propriétaires sont encore au stade d’évaluer de quelle façon la stratégie porte fruit.

Miser sur la présence Facebook

Plusieurs magasins ont de leur côté décidé de mettre en valeur leurs produits sur un site web, sans l’option d’acheter et de se faire livrer, et de miser sur les réseaux sociaux.

À la boutique Jacqueline. à Caraquet, une personne est responsable d’animer la page Facebook. Le magasin a atteint le nombre appréciable de plus de 7000 abonnés.

«Ça m’aide beaucoup. Je vais chercher des gens d’Edmundston, de Moncton et même des gens de Montréal, qui viennent regarder mon site. C’est très fructueux pour moi d’avoir Facebook, mais il faut être actif», souligne la propriétaire, Huguette Gionet.

Offrir l’achat en ligne et la livraison serait trop coûteux. La majeure partie de la clientèle est âgée entre 40 et 75 ans et la propriétaire préfère axer sur un service «convivial et humain».

Un relationniste d’Opportunités NB nous a envoyé une courte déclaration par courriel concernant les achats en ligne, au nom de la ministre du Développement économique, Francine Landry.

«Les détaillants et les entreprises locales s’adaptent en offrant aux clients la meilleure expérience d’achat qui soit. Bon nombre de clients sont également à la recherche de produits uniques et personnalisés, sans compter un excellent service en personne, ce que le magasinage en ligne ne peut pas offrir, mais nos détaillants du Nouveau-Brunswick le peuvent», est-il écrit.