Le combat des parents de Michel Vienneau: découvrir qui est l’informateur anonyme

Les parents de Michel Vienneau, abattu par un policier municipal de Bathurst il y a près de trois ans, réclament qu’une commission d’enquête publique soit établie sur la mort de leur fils.

Même si le gouvernement provincial a ordonné une enquête du coroner sur les circonstances de la mort de Michel Vienneau, ses proches estiment que ce n’est pas assez.

Ils veulent une procédure sur une plus grande échelle, tant provinciale que nationale. Ils ont déposé une demande pour une enquête publique indépendante aux bureaux de circonscription du ministre de la Justice, Denis Landry et du procureur général, Serge Rousselle, vendredi dernier.

Ils ont aussi adressé une missive à la ministre de la Justice et procureur général du Canada, Jody Wilson-Raybould.

Selon la Loi sur les enquêtes publiques du Nouveau-Brunswick, une commission peut être dressée pour toute question d’intérêt public.

En 2008, un examen de ce genre a été mené pour l’affaire des diagnostics erronés à l’hôpital de Miramichi par le pathologiste Rajgopal Menon.

Sylvie et George Vienneau veulent pouvoir intervenir si cette procédure a lieu. L’enquête du coroner ne permet pas aux personnes concernées, comme les familles, d’y jouer un rôle actif.

«Les questions que soulève la mort de notre fils Michel touchent tous les citoyens (…) de cette province et du pays en entier. Des faits importants sont toujours inconnus. Cela nous fait mourir à petit feu. Il y a la raison de connaître le nom de l’auteur de la plainte d’Échec au Crime contre notre fils, plainte qui était fausse et qui lui a causé une mort violente, une mort injuste», ont écrit George et Sylvie Vienneau, les parents de la victime.

Michel Vienneau revenait d’un voyage à Montréal en train avec sa compagne quand ils ont été interceptés par des policiers, près de la gare de Bathurst, en 2015.

Un tuyau à Échec au crime prétendait que le couple aurait en sa possession un chargement de drogues.

Les deux policiers de la Ville de Bathurst impliqués dans sa mort n’ont pas eu à subir de procès, les accusations d’homicide involontaire contre eux ayant été abandonnées à l’issue de l’enquête préliminaire.

«Il est encore plus inacceptable que cinq policiers vêtus en civils causent la mort d’un homme innocent.

Que dire de tous ceux qui ont autorité sur ces cinq individus? Ceux qui ne parlent jamais? Il est aussi inacceptable que des policiers ont eu la permission de s’armer et d’intervenir à la gare sans enquête policière, sans chaîne de commandement, et agir comme accusateurs, juges et bourreaux. En plus de savoir ce qui est réellement arrivé à notre fils Michel, nous voulons savoir pourquoi le système judiciaire a failli à la tâche à identifier les vrais faits entourant sa mort», soulèvent M. et Mme Vienneau.

Toutefois, la Cour suprême a statué que la commission d’enquête ne constitue pas un tribunal, et n’a donc pas pour mandat de déterminer la responsabilité légale. Aussi, la commission ne suit pas nécessairement les mêmes règles de preuve et de procédure qu’une cour de justice.

Le frère de la victime veut, quant à lui, lancer une pétition et la déposer à la Chambre des communes, afin que l’identité de l’informateur anonyme soit révélée.

«Ça me prend un député qui parraine ma demande, donc j’ai contacté le bureau de Serge Cormier, comme c’est mon député (Acadie-Bathurst). J’attends une réponse. C’est urgent parce que je veux mettre ma pétition en marche pour savoir le nom du dénonciateur anonyme d’Échec au crime. Toute cette histoire a débuté avec ça», explique Nicolas Vienneau.

Les parents octogénaires vivent une grande détresse morale depuis les événements du 12 janvier 2015.

«Nous sommes âgés, faibles et bien petits devant notre souffrance sans fin d’avoir perdu Michel à tout jamais», disent-ils.