L’agresseur sexuel «maladif» écope de cinq ans de prison

Mario Levesque a écopé de cinq ans d’emprisonnement pour de nombreux abus sexuels sur une mineure, vendredi. Il s’en ait fallu de peu pour que la sentence soit à nouveau reportée, puisque le citoyen de Madran, âgé de 38 ans, a eu un autre malaise et a été transporté à l’hôpital.

C’est la deuxième fois que les ambulanciers se déplaçaient au tribunal de Bathurst en autant de jours. Jeudi, l’hôpital n’a pas jugé nécessaire de garder Mario Levesque pour la nuit et il est retourné en prison.

Vendredi, son audience pour l’imposition de la peine n’avait recommencé que depuis une douzaine de minutes quand il s’est senti à nouveau mal. Il dit souffrir de crises d’épilepsie.

Au bout de deux heures et demie, il était de retour en cour. Le médecin traitant a conclu que M. Levesque n’avait rien et que la séance pouvait se poursuivre.

Mario Levesque a agressé sexuellement la fille de son ancienne compagne, de janvier 2010 à septembre 2012. Les actes comportaient des relations complètes avec la victime, dont l’identité est protégée. Elle avait seulement 11 ans lorsque les abus ont commencé. Les incidents sont tellement nombreux qu’elle ne peut même pas les compter.

L’accusé servait de figure paternelle pour la fillette, dont le père biologique n’était pas impliqué dans sa vie. M. Levesque achetait son silence en lui offrant des cadeaux.

«C’est un des pires cas d’abus sexuel entre un père et son enfant, parce qu’il a fait avec elle tous les actes sexuels possibles. Il s’est servi d’elle comme il le voulait», a déclaré le procureur de la Couronne, René Dumaresq.

Me Dumaresq réclamait de cinq à six ans d’emprisonnement pour M. Levesque, qui a été trouvé coupable sous quatre chefs d’inculpation à la fin octobre, tandis que son avocat plaidait pour deux ans à deux ans et demi de pénitencier.

La victime a livré un témoignage bouleversant sur sa vie qui a volé en éclats à cause de l’accusé, même si elle tente de garder la tête haute.

«C’est horrible. Je vais devoir vivre avec ça sur la conscience pour le restant de ma vie. J’ai beaucoup de difficulté à accepter cela. Il m’a détruit et plus jamais je ne serai la même personne que j’étais. J’ai toujours ce sentiment de honte en moi.»

Sa mère porte le poids de ne pas avoir été en mesure de protéger sa fille, un cauchemar quotidien pour elle.

«Je suis une mère. J’aurais dû m’apercevoir que quelque chose se passait. Je suis détruite émotionnellement et mentalement. Je me culpabilise, je me blâme, je m’en veux terriblement de lui avoir fait confiance avec ce que j’ai de plus précieux au monde, ma fille», a-t-elle dit à la cour en pleurant.

Lorsque la juge Joanne Durette a demandé à l’inculpé s’il avait quelque chose à dire, il a répondu:

«Non, mais je ne suis pas coupable», tout en s’excusant d’avoir dérangé le déroulement de la cour en raison de ses malaises.

La magistrate a tranché à cinq ans derrière les barreaux pour l’accusé, moins les 15 derniers jours où il est emprisonné.

Il sera enregistré comme délinquant sexuel. Il lui sera interdit de fréquenter des endroits publics où se tiennent habituellement des jeunes de moins de 16 ans, comme un parc, une garderie, pour une période de 10 ans et de se tenir à moins de 5 km de la résidence de sa victime, ainsi que de détenir des armes à feu, à perpétuité.

Il avait déjà un dossier criminel assez impressionnant, en autres pour des vols qualifiés et des menaces.

Mario Levesque reviendra en cour pour un autre procès en mai, pour une accusation d’agression sexuelle.