Le prix du bleuet sauvage surprend certains producteurs du Maine

Alors que le prix du bleuet sauvage a atteint un creux historique au Nouveau-Brunswick en 2017, une situation surprenante est en train de laisser les producteurs et les analystes perplexes. Le prix accordé à certains producteurs du Maine était presque le double de celui des Maritimes.

En 2017, l’entreprise Jasper Wyman & Son, le plus important producteur et transformateur de bleuets sauvages aux États-Unis, a accordé environ 0.35 $/USD la livre aux producteurs américains soit l’équivalent environ 0,45$/CAD. Aux Maritimes, la même entreprise achetait les bleuets des producteurs canadiens pour environ 0,22$/CAD, indique David Robinson, auteur de l’Acadia Blueberry Price Report et professeur d’économie à l’université Saint Mary’s à Halifax.

Jasper Wyman & Son est propriétaire d’environ 8200 acres de terres privées dans la Péninsule acadienne.

Son concurrent principal, Oxford Frozen Foods, qui possède une usine majeure près de Saint-Isidore, offrait l’équivalent d’environ 0,16$/CAD la livre aux producteurs du Nouveau-Brunswick.

«C’est assez étonnant! C’est difficile de savoir quoi en penser, mais il y a des rumeurs qui circulent maintenant voulant qu’Oxford soit prêt à réévaluer son prix. Les producteurs qui font affaire avec Oxford n’avaient pas grand espoir de voir une hausse du prix, mais avec Jasper Wyman qui a donné l’équivalent de 0,45$/CAD, il est difficile d’imaginer un scénario où Oxford maintient son prix actuel.»

Pour David Robinson, la situation est d’autant plus surprenante étant donné qu’historiquement Jasper Wyman s’est contenté d’aligner ses prix sur ceux de son concurrent.

«Il est difficile de savoir pourquoi ç’a changé. Cela reste encore à déterminer.»

Il espère en connaître davantage au cours des prochains jours et semaines.

De son côté, l’Association des producteurs de bleuets sauvages du nord-est du Nouveau-Brunswick demande au gouvernement provincial la permission de créer un office de commercialisation pour mieux réguler les prix, mais jusqu’à présent, le gouvernement Gallant a refusé de céder à la demande.

Sa création aurait possiblement permis aux producteurs locaux de mieux s’en tirer, croit Jean-Maurice Landry, président de l’Association.

«En n’ayant pas d’office, les producteurs sont captifs de la situation actuelle»,dit-il.