Santé: Saint-Quentin veut conserver sept services essentiels

Le Comité permanent de la santé de Saint-Quentin souhaite qu’un minimum de sept services actuellement offerts à l’hôpital Hôtel-Dieu-Saint-Joseph soit épargné, et ce, de façon permanente de toutes compressions.

Si vous demandez à Joanne Fortin quels services elle souhaiterait voir son hôpital conserver, elle vous répondra simplement tous!

Mme Fortin a récemment été élue à la tête du Comité permanent de la santé de Saint-Quentin, sorte de chien de garde des services et programmes de santés prodigués à l’intérieur de l’hôpital du Restigouche-Ouest.

Ça ne date pas d’hier que l’on dénonce les compressions en santé à l’intérieur de cet établissement. La récente annonce de la fin des services d’oncologie a été la goutte qui a fait déborder le vase.

«Et là, on sait que le Réseau de santé Vitalité a maintenant notre service de laboratoire dans sa mire. On se doit de réagir avant que notre hôpital devienne une coquille vide», exprime-t-elle.

Depuis le début des années 2000, le comité estime à 19 le nombre de programmes et services enlevés ou fortement amputés à l’hôpital de Saint-Quentin.

Bien qu’optimiste, Mme Fortin est aussi réaliste. Recouvrer la totalité de ce qui a été perdu risque de ne pas arriver. Ceci dit, elle et les membres du comité comptent lutter pour en récupérer le maximum et, surtout, pour que cesse l’hémorragie actuelle: l’effritement continuel des services.

Dernièrement, le député local, Gilles LePage, a demandé au groupe d’identifier cinq services jugés prioritaires par le groupe, des services qui ont été diminués ou même carrément enlevés de l’hôpital au fil des ans.

Finalement, la liste lui est revenue avec sept services, deux de plus qu’à l’origine.

«Après s’être consulté, on était d’avis que cinq ce n’était pas suffisant. On a identifié sept services qui, pour nous, sont élémentaires dans notre hôpital, en plus de ce qui existe déjà en ce moment bien entendu. Car tout gain se faisant au détriment d’un autre service serait inacceptable», précise Mme Fortin.

En somme, on voudrait consolider certains services jugés essentiels afin de minimiser les déplacements (de plus en plus fréquents) de la population locale vers l’un des deux centres hospitaliers régionaux les plus proches, soit Campbellton et Edmundston.

«On n’a pas demandé la lune et gonflé nos demandes. On est demeuré dans les soins de base», souligne Mme  Fortin.

Plus que sept services, le comité demande également au gouvernement qu’il décrète un statut spécial pour l’hôpital en raison de son rôle crucial pour le Restigouche-Ouest et de son éloignement des deux hôpitaux régionaux. Ce décret viendrait avec une liste de service permanent offert dans l’hôpital.

«Le problème, actuellement, c’est que l’on est obligé de monter aux barricades tous les quatre ans, soit chaque fois qu’un nouveau gouvernement est élu. Ça ne finit plus et on est vraiment tanné de cette situation», exprime Mme Fortin.

D’ici à ce que le comité obtienne une réponse du gouvernement à ses demandes, sa présidente n’entend pas lâcher le morceau.

«On va faire tout en notre pouvoir pour informer la population sur l’état actuel de l’hôpital et de ses services. On va être aux aguets et laisser les gens savoir ce qui se passe entre les murs», promet-elle.

Les sept principaux services essentiels

Voici les sept principaux services que veut conserver ou récupérer le Comité permanent de la santé de Saint-Quentin pour l’Hôtel-Dieu-Saint-Joseph, ainsi qu’un aperçu des raisons qui justifient leur choix selon le comité.

1. Oncologie

Certains patients doivent voyager quatre fois par semaine à Edmundston pour recevoir des traitements d’oncologie et effectuer des prélèvements sanguins.

2. Lits en soins aigus (doubler le nombre actuel)

Actuellement l’hôpital compte six lits, mais opère régulièrement avec 9 à 12 lits, donc il se retrouve souvent en situation de débordement.  On voudrait aussi pouvoir assurer un service de soins palliatifs pour que les gens puissent vivre leurs derniers jours dans leur communauté.

3. Service de laboratoire

Deux techniciennes et une assistante de laboratoire sont nécessaires pour le bon fonctionnement de ce service. Beaucoup de patients sont appelés à se rendre régulièrement à l’extérieur, ce qui occasionne des coûts individuels et sociaux importants.

4. Service d’échographie et de radiologie 24/7

Depuis trois ans, le personnel en imagerie médicale a été amputé. Là encore les gens doivent se déplacer.

5. Service de colonoscopie et de gastroscopie

Les services ont cessé depuis quelques années en raison d’appareils de copie désuets.

6. Clinique hémodialyse satellite

Les gens doivent voyager trois fois par semaine à Edmundston avec un accompagnateur. Un meilleur partage des appareils de dialyse sur le territoire permettrait de recevoir ce service localement.

7. Recrutement d’un psychologue communautaire

La bureaucratie actuelle fait en sorte que l’accès à un tel spécialiste est un véritable tour de force au Restigouche-Ouest, de sorte que les patients finissent par ne pas consulter.