Noël rime avec oiseaux au parc Kouchibouguac

Depuis l’ouverture du parc Kouchibouguac, des dizaines d’amoureux de la nature bravent le froid chaque décembre pour le traditionnel recensement des oiseaux.

Équipés de leurs jumelles et de leurs oreilles expérimentées, une vingtaine de bénévoles ont ratissé une zone de 24 kilomètres de diamètre samedi. Leur mission: noter toutes les espèces et le nombre d’oiseaux qui croisent leur route.

Le premier décompte remonte à 1969, année de la création du parc national. Il s’agirait du plus ancien inventaire du genre en Acadie.

Chaque participant se voit attribuer un trajet différent et tous les oiseaux entendus ou observés sont comptés, explique Daniel Gallant, responsable de la conservation.

«Ça donne la chance d’avoir des observations inusités d’oiseaux rares On s’en sert aussi pour savoir où sont les oiseaux dans le parc à cette époque de l’année. Ça peut être utile lorsqu’on planifie un développement dans le parc.»

À l’heure du midi, les passionnés se réunissent autour d’un fricot fumant pour partager leurs observations et leurs anecdotes.

Daniel Richard, ornithologue amateur âgé de 24 ans, a photographié deux pygargues à tête blanche dans la matinée.

Le jeune homme de Saint-Louis de Kent n’a plus besoin de guide d’identification. Il participe au décompte depuis l’enfance. Ses yeux, ses oreilles et sa fine connaissance des oiseaux sont ses seuls outils.

«Ce qui me plaît, c’est être dehors, relever le défi de voir un oiseau rare. C’est un peu la même excitation que lorsque tu chasses.»

Autre trouvaille de Daniel Richard, deux Autours des palombes, un rapace «très rare en hiver».

Reconnaissable à ses yeux rougeâtres, ce redoutable chasseur d’oiseaux et de petits mammifères peut fondre sur sa proie à une vitesse de 100 km/h.

L’an dernier, un peu moins de 1000 individus de 33 espèces avaient été recensés. L’activité du parc national Kouchibouguac fait partie du Recensement des oiseaux de Noel. L’évènement, qui a lieu partout en Amérique du Nord, en est à sa 118ème année.

Les données collectées cette année seront envoyée à la Société nationale Audubon, une organisation à but non lucratif consacré à la conservation. Le recensement aidera à documenter la diversité et le nombres d’espèces d’oiseaux à travers le continent.

«Il existe très peu de programmes de surveillance de cette ampleur, souligne Daniel Gallant. Quand tu utilises ces données à grande échelle et à long terme, tu peux comprendre les changement dans la répartition spatiale des oiseaux.»