Extra-mural: le contrat avec Medavie sera signé «avant la fin de l’année»

Le controversé projet de loi sur la privatisation de la gestion du Programme extra-mural et de la ligne Télé-Soins a été adopté sous le bâillon, mercredi, à l’Assemblée législative, par le gouvernement du premier ministre Brian Gallant.

L’entente avec l’entreprise privée sans but lucratif Medavie, qui fait l’objet d’une demande d’injonction devant les tribunaux, continue d’aller de l’avant.

Le ministre de la Santé, Benoît Bourque, a indiqué mercredi qu’il avait l’intention de signer le contrat avec Medavie au cours des prochains jours, à moins qu’une juge ne l’en empêche d’ici là.

«C’est certain, (le contrat) sera signé avant la fin de l’année, sauf si, bien sûr, l’injonction en décide autrement», a-t-il déclaré aux journalistes.

La juge Lucie LaVigne de la Cour du banc de la Reine à Moncton doit se prononcer avant le 1er janvier sur une demande d’injonction interlocutoire déposée par le groupe Égalité santé en français pour bloquer l’entente entre Medavie et la province.

M.Bourque n’a pas souhaité commenter les procédures judiciaires sauf pour indiquer que la province s’y conformera le cas échéant.

«Si la cour nous donne une direction, évidemment nous allons acquiescer à sa demande et nous passerons aux prochaines étapes en temps et lieu.»

Les partis d’opposition ont été obligés de s’avouer vaincus, mercredi, lorsque le gouvernement a usé de sa majorité à l’Assemblée pour mettre fin aux débats et faire adopter le projet de loi sous le bâillon.

«Nous avons fait tout ce que nous pouvions à l’Assemblée législative pour faire la lumière sur cette entente secrète. Aujourd’hui, le gouvernement Gallant a décidé d’avoir recours au bâillon. Maintenant, c’est entre les mains des tribunaux», a résumé le porte-parole du Parti progressiste-conservateur en matière de santé, Brian MacDonald.

Le projet de loi 5 a été adopté le jour même où le chef du Parti vert, David Coon, a présenté au gouvernement, au nom de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), une pétition signée par plus de 4200 opposants à la privatisation de l’extra-mural.

Peu de temps avant le vote, M. Coon espérait toujours qu’un député libéral décide de voter selon sa conscience et contre le gouvernement afin de faire échec au projet de loi.

«C’est sûr qu’il y a des députés libéraux qui sont très mal à l’aise avec ce projet de loi et qui vont voter en se pinçant le nez ou qui vont s’absenter durant le vote», a-t-il prédit sans succès.

Roger Richard de la SANB craint que les infirmières de l’extra-mural devront dorénavant de soumettre à des quotas de visites qui les empêcheront de passer suffisamment de temps avec leurs patients lorsqu’elles seront sous la gestion du secteur privé.

«Tu ne peux pas donner des soins de santé dans une situation du genre», a-t-il déploré.

À moins que les tribunaux ne viennent contrecarrer les plans du gouvernement, Medavie sera responsable de la gestion de l’extra-mural et de la ligne Télé-Soins à partir du 1er janvier.

Les deux services seront regroupés avec Ambulance NB, qui est déjà géré par Medavie, au sein d’une nouvelle entité appelée Services de santé Medavie Nouveau-Brunswick.

Fredericton refuse de rendre public le contrat avec Medavie avant qu’il ne soit conclu officiellement. Benoît Bourque espère cependant pouvoir publier l’entente sur le site web du gouvernement dans les heures qui suivront sa signature.