Le retour à l’équilibre budgétaire ne se fera pas en 2018 au Nouveau-Brunswick

Malgré d’importants progrès dans la lutte au déficit au cours des trois dernières années, le Nouveau-Brunswick n’équilibrera pas son budget l’an prochain.

Le premier ministre Brian Gallant a mis fin au suspense un peu plus d’un mois avant le dépôt de son prochain et dernier budget avant les élections provinciales.

Pour une onzième année consécutive, le Nouveau-Brunswick dépensera plus qu’il ne récoltera de revenus en 2018-2019.

«Je peux vous dire tout de suite que (le budget) ne sera pas équilibré», a déclaré M. Gallant cette semaine en entrevue de fin d’année avec le journal.

La nouvelle n’est pas surprenante en soi. Lors de la dernière campagne électorale, les libéraux ont promis d’équilibrer le budget seulement en 2020-2021 lors d’un hypothétique deuxième mandat.

Toutefois, depuis trois ans, les finances de la province se portent mieux que ne l’avaient prévu les libéraux et le déficit a fondu plus vite que prévu.

La ministre des Finances, Cathy Rogers, avait même laissé planer le doute cet automne au sujet d’un possible retour hâtif à l’équilibre budgétaire.

«Si on pense que l’on peut amener cela (l’équilibre) plus tôt, on va le faire», avait-elle dit en septembre.

Le ministère des Finances anticipe un déficit de 135,4 millions $ cette année. C’est 45,6 millions $ de moins que ce qu’avait prévu le Parti libéral en campagne électorale pour 2017-2018 et 331 millions $ de moins qu’il y a deux ans.

Mais pour le premier ministre Gallant, un budget équilibré deux ans à l’avance serait synonyme d’une austérité que le Nouveau-Brunswick n’a pas les moyens de se permettre.

«Certains se basent sur le fait qu’il faut équilibrer le budget parce que selon eux, une approche d’austérité, c’est la façon de faire croître l’économie. Nous ne croyons sincèrement pas là-dedans», confie-t-il.

Cette étiquette d’austérité, il essaye surtout de la coller sur son adversaire le chef de l’opposition officielle et ancien ministre des Finances Blaine Higgs.

«Il y a eu une décroissance de l’économie de 2011 à 2014 parce qu’il y avait une approche d’austérité par les conservateurs et Blaine Higgs», résume-t-il.

Brian Gallant promet plutôt d’investir davantage l’an prochain pour stimuler la croissance économique.

«Les finances sont vraiment dans un meilleur état qu’elles ne l’ont été depuis très longtemps et nous sommes convaincus que c’est parce que nous avons priorisé une approche d’investissements.»

Certains observateurs politiques ont souligné l’avantage électoral que pourrait signifier un budget équilibré en prévision du scrutin du 24 septembre. Un jeu qui n’en vaut cependant pas la chandelle aux yeux de Brian Gallant.

«Il n’y a pas de doute que d’un côté électoral, on aurait pu dire que (l’équilibre budgétaire) c’était un succès, mais je veux faire ce que je pense qui est la meilleure chose pour la province et selon moi c’est de continuer à investir», répète-t-il.

La ministre Cathy Rogers déposera le budget 2018-2019 à l’Assemblée législative le 30 janvier.

«Nous allons garder le déficit bas. Nous allons continuer d’être responsables financièrement. Mais nous allons prôner d’investir davantage dans notre plan de croissance économique, dans l’éducation et la santé», prévient M. Gallant.

Selon le ministère des Finances, la dette nette du Nouveau-Brunswick devrait augmenter de 300 millions $ cette année pour atteindre 14,1 milliards $ à la fin de l’exercice en cours.