Le temps polaire refroidit l’enthousiasme des skieurs

Le temps polaire qui sévit au Canada rend les activités de plein air un peu moins attrayantes en ce temps des Fêtes, ce qui enrage les propriétaires des stations de ski, qui doivent souvent ralentir leurs activités.

La station du mont Orford, dans les Cantons-de-l’Est, a ainsi fermé ses pistes jeudi pour protéger les clients contre les engelures.

La saison avait pourtant bien débuté grâce à des chutes de neige abondantes dès le mois de décembre et un dollar canadien assez faible pour attirer les touristes. Mais les conditions arctiques s’acharnent sur les vacances des Fêtes et devraient persister dans une bonne partie du Canada jusqu’en 2018.

À Mont-Tremblant, dans les Laurentides, on retrouve certes de valeureux skieurs sur les pentes, mais il s’agit souvent de vacanciers américains qui avaient déjà réservé leurs forfaits des Fêtes et qui en prennent leur parti en s’habillant davantage, indique Annique Aird, vice-présidente aux ventes et au marketing.

«L’aspect positif, c’est ce beau ciel bleu», lance Mme Aird, admettant toutefois que les visiteurs d’un jour se font plus rares.

Le tableau était moins reluisant à la station Mount St. Louis Moonstone, à environ 145 km au nord de Toronto.

Cette station n’offre pas d’hébergement au bas des pentes et compte donc sur les escapades d’un jour. Environ 30% de ses visiteurs annuels viennent skier pendant le temps des Fêtes – surtout les 27, 28 et 29 décembre; cet achalandage a baissé de moitié cette année.

«Pourtant, les conditions de neige sont idéales pour ce temps-ci de l’année», souligne, jovial, le directeur général, Robert Huter.

Dans l’Ouest canadien, le mercure est aussi passé, dans plusieurs régions, sous la barre des -20 degrés Celsius. Mais le président de l’association régionale des stations de ski, Christopher Nicolson, n’a pas entendu parler de fermetures préventives. Il reconnaît lui aussi que les skieurs qui vont tout de même se présenter sont ceux qui avaient réservé un forfait.

M. Nicolson se dit par ailleurs optimiste pour la saison en général, citant également la faible valeur du huard, qui attire les Américains et retient au pays les Canadiens. D’autant plus que l’Ouest américain a reçu jusqu’ici moins de neige que d’habitude.

Yves Juneau, président-directeur général de l’Association des stations de ski du Québec, soutient que le nombre de visiteurs américains l’an dernier a augmenté de 32%, pour atteindre 242 000, un record depuis trois ans – et cette tendance se maintient cette année. Mais le temps frisquet fait mal aux stations de ski depuis Noël, certaines affichant une baisse de fréquentation de 80%, indique M. Juneau.

Certaines stations ont aussi fermé plus tôt ou même annulé le ski de soirée, dans le cadre d’une entente avec Hydro-Québec visant à réduire la consommation d’électricité durant les heures de pointe, une situation directement liée au temps arctique.

«Heureusement, nous avons connu un bon début de saison, alors ça nous donne un petit coussin», explique M. Juneau.

Mais toutes les stations de ski du pays ne sont pas touchées par ce froid polaire: à Whistler-Blackcomb, à 120 km au nord de Vancouver, on prévoyait vendredi un maximum de -8, avec 15 centimètres de neige fraîche — en plus des 30 centimètres tombés depuis deux jours. La station a même ouvert ses pentes une semaine plus tôt cet automne.