La Société canadienne du sang lance un nouvel appel aux donneurs

La période moins achalandée du temps des Fêtes et les récentes conditions météorologiques difficiles ont fait en sorte que les dons de sang ont été peu nombreux à la Société canadienne du sang au cours des dernières semaines.

Tout comme durant les vacances estivales, la saison de Noël est toujours un défi pour la collecte de dons de sang. Cette situation avait forcé la Société canadienne du sang à publier un avis à la fin décembre demandant au public un effort particulier, l’état des réserves étant plutôt bas partout au pays (incluant le Canada Atlantique).

Si la situation se replace généralement une fois la nouvelle année arrivée, ce n’est pas le cas cette fois. Les récentes tempêtes ont compliqué les efforts de collectes de sang un peu partout dans les Maritimes. Celle de la semaine dernière a notamment causé l’annulation de cinq cliniques dans différentes régions de la province, notamment à Saint-Jean et à Moncton. Ces annulations auraient privé l’organisme d’environ 400 dons.

«Les cliniques ont pu rouvrir par la suite, mais les donneurs ont aussi leurs propres défis à la suite de ces tempêtes, de sorte que peu se sont présentés depuis. C’est tout à fait compréhensible, mais cela a néanmoins un impact sur nos objectifs», indique Peter MacDonald des relations avec les donneurs pour la section atlantique de la Société canadienne du sang.

Bien que la situation des réserves de sang ne soit pas considérée critique – puisque les besoins peuvent être comblés à partir de la réserve nationale -, elle inquiète suffisamment au point où l’organisme a senti le besoin d’émettre un second appel aux dons en autant de semaines.

«On ne fait pas face à une crise, mais on a un défi à relever. C’est important que nous puissions regarnir notre inventaire, car on ne sait jamais ce qui peut arriver, surtout en période hivernale. Il peut y avoir encore beaucoup de tempêtes qui compromettront d’autres collectes. Alors c’est important de participer lorsqu’on le peut», souligne M. MacDonald.

D’ici la fin du mois, les objectifs de récoltes de dons de sang afin de rétablir les réserves à un niveau acceptable ont été fixés à 4091 pour les provinces maritimes.

«C’est un objectif réaliste, mais c’est certain que pour y arriver il faudra que la population embarque. C’est une bonne occasion de bien commencer l’année en posant un beau geste et même d’en faire une habitude pour le restant de l’année», indique M. MacDonald.

Les prochaines cliniques au Nouveau-Brunswick auront lieu les 9 et 10 à Fredericton, le 15 à Grand-Sault, les 16 et 17 à Woodstock et les 22 et 23 à Edmundston. Les cliniques permanentes de Saint-Jean et de Moncton sont également ouvertes en semaine.

Rouvrir des cliniques délaissées?

Le maire de Dalhousie, Normand Pelletier, est encore très amer de la décision de la Société canadienne du sang d’avoir abandonné au printemps 2017 les deux cliniques du Restigouche (Dalhousie et Campbellton) en fonction depuis plusieurs décennies. Ces dernières fournissaient environ 150 dons au total lors de leurs arrêts.

Lui même donneur régulier ayant cumulé plus de 50 dons, M. Pelletier trouve aujourd’hui très ironique que l’organisme effectue un appel à tous pour des dons de sang alors qu’il y a quelques mois à peine, on disait avoir des surplus et ne pas avoir besoin des dons du Restigouche.

«C’était l’un des arguments pour justifier la fermeture de nos cliniques. On était trop loin, on coûtait trop cher en déplacement pour les équipes et ils avaient suffisamment de sang. Visiblement ils n’en avaient pas assez», estime ce le maire.

M. Pelletier ne comprend pas pourquoi la Société canadienne du sang délaisse les petites régions qui contribuent aussi à l’effort de collecte. Du même souffle, il réitère que sa communauté est toujours prête à participer en accueillant à nouveau une collecte, que ce soit sur une base régulière ou même occasionnelle.

«Je crois sincèrement que les petites régions comme la nôtre peuvent contribuer à l’effort collectif», dit-il, insistant toutefois sur le fait que la Société canadienne du sang a par contre aussi un rôle à jouer en facilitant la récolte dans ces communautés.

Cela dit, tout semble indiquer que la situation ne changera pas de sitôt.

«Nous avons suffisamment de cliniques – permanentes et mobiles – nous permettant de pourvoir à la demande des hôpitaux. En ce sens, nous ne prévoyons pas remettre en branle à court terme les cliniques au Restigouche ni dans aucune autre des communautés où nous avons cessé d’aller. Toutefois, si la demande en sang augmente dans les hôpitaux, au point où nous devions élargir nos activités, les communautés où nous étions auparavant seraient certainement considérées avec intérêt. Pour l’instant, on croit que l’on peut arriver à relever le défi avec nos cliniques actuelles. Il suffit simplement de les remplir», note M. MacDonald.