Industrie du homard au N.-B.: explosion des ventes en Asie et en Europe

L’industrie du homard du Nouveau-Brunswick a réduit sa dépendance aux États-Unis en diversifiant ses marchés, en 2017. Près du tiers des recettes liées aux exportations de homard congelé proviennent de l’Asie et de l’Europe, taux qui atteignait à peine 5% en 2013.

Le homard transformé au Nouveau-Brunswick était à peu près inexistant en Chine et en Belgique, il y a cinq ans. La valeur totale des exportations du homard congelé – produit important des usines du Nouveau-Brunswick – vers ces deux pays totalisait à peine 1 million $.

En 2017, les exportations vers la Chine ont dépassé les 12 millions $. Celles vers la Belgique ont fracassé la barre des 21 millions $, soit le double du montant de 2016.

Le phénomène n’est pas unique à ces deux pays. Alors que la valeur des exportations vers les États-Unis baisse – elle a plongé de 66 millions $ comparativement à 2015 -, celle des autres pays grimpe en flèche. Dans les deux dernières années, elle est passée de 50 millions $ à 111 millions $.

«Il n’y a aucun doute que nous sommes en train de diversifier à l’extérieur des États-Unis. Il y a une forte croissance en Corée du Sud, en Chine et au Vietnam», affirme Geoff Irvine, directeur général du Conseil canadien du homard.

Le développement de nouveaux marchés réduit la dépendance des usines néo-brunswickoises face aux États-Unis. Il y a cinq ans, moins de 7% des recettes sur les exportations provenaient de l’Asie et de l’Europe. Ce chiffre a atteint la barre des 24%, en 2016, avant de grimper à plus de 30%, en 2017.

La diversification des marchés est avantageuse en ce qu’elle permet à l’industrie d’être plus résiliente face aux fluctuations de la valeur des devises.

«Si le yen change, l’euro change ou le dollar américain change, on peut s’ajuster. C’est pourquoi un marché diversifié est le signe d’une position de force dans le domaine de l’exportation», explique M. Irvine.

«On est toujours à la merci de la situation au niveau des devises. C’est d’autant plus vrai si on dépend d’un seul marché: dans ce cas, on est vraiment à la merci de ce marché. La diversification répartit le risque», mentionne pour sa part Nat Richard, de Westmorland Fisheries.

Les exportateurs recevront un coup de pouce dans leurs efforts de diversification en 2018 grâce à une nouvelle baisse des tarifs douaniers en Europe relative à l’Accord économique et commercial global. Le tarif des homards non entiers congelés passera d’environ 11% à un peu plus de 5%, alors que celui sur la viande de homard baissera de 16% à 12%.

Ces tarifs ont subi une première baisse l’automne dernier. Ses pleins effets n’ont pas encore été mesurés, quoique des signes laissent croire qu’elle profitera aux joueurs canadiens.

«Nous pourrions voir une hausse dans les chiffres en fin d’année en Europe en raison de la baisse des tarifs douaniers», mentionne M. Irvine.
La valeur totale des exportations de homard congelé a atteint 368 millions $, de janvier à novembre 2017. Pendant la même période, en 2016, elle était de
388 millions $, alors qu’en 2015 elle était de 374 millions $.

Les trois dernières années ont été historiquement élevées. En 2014 et en 2013, leur valeur totale des exportations de homard congelé était de 312 millions $ et de 243 millions $, respectivement. Il y a 10 ans, elle n’était que 169 millions $.

Les données sur les exportations proviennent du tableau de Statistique Canada sur le «homard congelé, séparé de leur coquille ou dans leur coquille, cuites à l’eau, etc.».

Les pays importateurs de homard congelé du Nouveau-Brunswick

  • États-Unis: 69,8%
  • Japon: 6,8%
  • Belgique: 5,8%
  • Chine: 3,3%
  • Vietnam: 2,9%
  • Espagne: 2,6%
  • Corée du Sud: 1,9%
  • Hong-Kong: 1,7%
  • Taiwan: 0,9%
  • Allemagne: 0,7%

* De janvier à novembre 2017

La proportion de homard congelé du N.-B. exportée annuellement aux États-Unis depuis 2007

  • 2017*: 69,8%
  • 2016: 76,4%
  • 2015: 88%
  • 2014: 92,3%
  • 2013: 93,4%
  • 2007: 85,8%

* De janvier à novembre