La renaissance de Mario et Luigi

Comme le vinyle, les jeux vidéo rétro font un retour en force. La génération qui a vu les premiers pas de Mario dans sa quête pour sauver la princesse Peach, encore et encore, collectionne aujourd’hui les jeux qui ont façonné son enfance.

Gérard Connolly a eu sa première console à l’âge de 3 ans. Évidemment, il ne collectionnait pas encore les jeux à cette époque. La console Super Nintendo l’a toutefois profondément marqué et a entraîné chez lui une passion pour ce médium.

Depuis cinq ans, il anime une émission sur les jeux vidéo à la radio étudiante de l’Université de Moncton, CKUM. Sa collection de jeux est imposante.

Il possède près de 2000 titres pour les consoles allant de l’Atari à la plus récente PlayStation 4 de Sony et tout ce qui se trouve entre.

Il collectionne parce qu’il est nostalgique. Il aime revivre ces petits moments de plaisir qui lui rappellent son enfance.

«Ma première console, je l’ai eue à 3 ans. C’est sûr, je n’avais pas l’instinct de collec- tionneur dans ce temps-là. Ce que je fai- sais, c’était jouer parce que je voyais mes cousins jouer et ça m’a donné la piqûre. En vieillissant, je voulais retrouver ces jeux-là auxquels je jouais, que j’achetais, louais ou j’essayais chez mes amis. On dirait qu’il y avait cette nostalgie-là qui ne pouvait pas partir. J’ai donc essayé de trouver ces jeux-là et ceux qui s’apparentent à ces titres-là aussi», a confié M. Connolly à l’Acadie Nouvelle, entre deux interventions à la radio.

Gérard Connolly affirme avoir une collection de 2000 jeux. Il anime depuis cinq ans une émission sur le sujet à la radio étudiante de l’Université de Moncton, CKUM. – Acadie Nouvelle :Patrick Lacelle

André Doiron, de Saint-Jean, est aussi un grand mordu des jeux rétro. Il possède plus de 700 titres, une vingtaine de consoles et diffuse même ses séances de jeu en direct sur le web.

Encore là, c’est la nostalgie qui anime la passion de l’Acadien envers cette forme d’art.

«Quand tu viens à collectionner, c’est comme amasser des petits souvenirs et garder sur un mur de choses qui m’ont représenté au fil des ans. C’est donc principalement pour la nostalgie, mais c’est aussi quelque chose que j’utilise et qui me donne du plaisir. Ç’a été un gros passe-temps pour moi et ce l’est encore», a souligné M. Doiron.

Le jeune homme âgé de 28 ans ne fait pas que regarder sa collection. Un de ses plaisirs est d’essayer de terminer les jeux le plus rapidement possible. Il a par ailleurs réussi un temps de 49min 51sec à Super Metroid, un classique de Nintendo. Cela lui vaut une 121e position sur près de 700 joueurs dans le monde.

Il apprécie également sa collection à un autre niveau.

«Pour moi, le jeu vidéo, c’est une forme d’art. C’est plaisant aussi de voir comment les jeux ont évolué depuis que j’étais petit», précise-t-il.
Martin Gauvin est un autre passionné. À 41 ans, il a connu une époque sans Nintendo. Il compte plus de 500 jeux dans sa collection, datant de 1978 à aujourd’hui.

Il a aussi plusieurs consoles dont la Colecovision, l’Atari et l’Intellivision.
Ce sont ses enfants qui lui ont fait ressortir sa collection. Ça lui permet de passer du bon temps en famille.

«Quand ma petite fille a commencé à s’intéresser à la 3DS de Nintendo, j’ai ressorti mes jeux. Je lui ai montré ce qui était l’historique des jeux vidéo finalement. Et, elle a commencé à jouer à des jeux de Mario et tout ça. Elle adore ça. Elle m’a ramené là-dedans», a expliqué M. Gauvin.

Patrick Parisé est propriétaire de Spin it. Il constate la popularité des jeux rétro. Il remet même en état des arcades pour le plaisir de ses clients et ceux des bars de la région. – Acadie Nouvelle : Patrick Lacelle

La chasse au trésor

Certains jeux rétro, plus rares, peuvent valoir une petite fortune. Un jeu comme Super Mario RPG: Legend of the Seven Stars, en bon état et encore dans sa boîte originale, peut être vendu à plus de 200$.

Il n’est donc pas étonnant de voir des gens comme Gérard Connolly et André Doiron courir les ventes de garage, des sites de vente en ligne et des boutiques spécialisées, comme Spin It à Moncton.

Le propriétaire de la boutique, Patrick Parisé, a un employé qui répare des vieilles consoles de jeu en plus de vendre des titres populaires des années 1980 et 1990. Pourtant, il y a 17 ans, quand il ouvert son magasin, il s’était juré ne jamais vendre de jeux vidéo, mais la vente de CD était en baisse et la location de films avait commencé à diminuer. Il s’est replié sur ce médium.

«Je me suis dit que je devais faire autre chose pour payer mon loyer. J’ai commencé à vendre des jeux vidéo et j’ai vu assez vite qu’il y a une grosse demande pour le rétro surtout», a indiqué M. Parisé.

Les jeux et les personnages de Nintendo sont généralement les plus recherchés et les meilleurs vendeurs.

«En général ce sont des jeux de rôle (RPG) et les personnages les plus populaires: Mario, Link, Zelda, Donkey Kong, Kirby, Pokémon… Ces jeux-là, aussitôt qu’on les reçoit, ils sont partis en dedans d’une heure. Il y a des gens qui viennent tous les jours voir ce qu’on a en stock», a souligné l’entrepreneur.

Même son de cloche chez Parlour, un prêteur sur gages de Moncton, mais aussi un endroit très fréquenté par la communauté de joueurs afin d’y trouver des titres plus rares.

«Quand nous sommes assez chanceux pour en avoir, ils se vendent très bien», soutient Ryan Burley.
Nintendo mise d’ailleurs sur la popularité de ses jeux rétro. L’entreprise a lancé de nouvelles versions de ses premières consoles avec plusieurs jeux. Il est quasi impossible de mettre la main sur ces gadgets qui se vendent comme de petits pains chauds.

Ces petites consoles ont un prix de détail de 100$. Des revendeurs n’hésitent pas à en exiger 400$ en raison de leur popularité.