Moncton forcée de revoir son mode de déglaçage

L’état des routes et des trottoirs de Moncton a été l’objet de discussions houleuses lundi lors du conseil municipal. Au coeur du problème, le sel utilisé pour faire fondre la glace dans les rues de Monton semble moins efficace que par le passé.

Attention routes glissantes! La succession de froid extrême, de pluie, de neige et de pluies verglaçante a transformé certaines rues de la ville en patinoire. Plusieurs élus ont exprimé leur frustration et celles de résidents concernant l’état des routes et trottoirs au cours des dernières semaines.

«Il faut s’assurer que ça n’arrive plus et puiser dans nos réserves s’il le faut. C’est difficile quand on voit que les gens ont peur de tomber, qu’on commence à glisser sur les trottoirs», s’est plaint le conseiller Bryan Butler.

«J’ai reçu beaucoup d’appels et de courriels pendant les vacances Je voudrais saisir l’occasion de présenter des excuses aux contribuables.»

Auparavant approvisionnée par la mine PotashCorp de la région de Sussex, la municipalité a changé de fournisseur à la suite de la fermeture de la mine en janvier 2016.

Les 10 000 tonnes de sel dont se sert Moncton pour l’hiver proviennent désormais de la mine Windsor Salt des Îles-de-la-Madeleine. Les coûts de transports ont fait monter la facture de près de 40 000$… mais le produit ne donne pas les résultats attendus.

«Les opérateurs m’ont indiqué que le sel ne semblait pas être aussi efficace à basse température que le précédent», reconnait Don Morehouse, directeur des Travaux Publics.

Les agents municipaux ont épandu plus de sel pour pallier à la situation, sans succès.

Don Morehouse explique que l’humidité et l’impureté du sel pourraient expliquer son inefficacité. Il avance que le froid polaire qui s’est installé après Noel ne leur a pas non plus facilité la tâche: pour que le sel puisse remplir son rôle sur les routes, le mercure doit osciller autour de -10 degrés Celsius.

Depuis peu, les équipes des travaux publics utilisent une nouvelle source de sel. La semaine dernière la Ville a reçu 800 tonnes de sel d’une mine de Pugwash en Nouvelle-Écosse qu’elle utilisera dans l’espoir de meilleurs résultats.

La municipalité s’apprête également à employer une nouvelle stratégie qui consiste à saler les routes avant l’arrivée des tempêtes.

«La sécurité publique doit être la priorité numéro un», insiste M. Morehouse qui assure que les méthodes de salage des routes n’ont pas changé.

L’affirmation a été mise en doute par le conseiller Charles Léger.

«Je ne sais pas ce qu’on a fait différemment de l’an dernier, mais il faut corriger le tir. Il faut comprendre ce qu’il s’est passé et revenir avec quelque chose qui fonctionne mieux», lance-t-il.

«Ce n’est pas acceptable, si on n’a pas l’équipement dont on a besoin il faudra l’acheter.»

Selon lui, la réduction du budget de déneigement de la Ville s’est répercutée sur la qualité du service. «Peut-être qu’on a été trop loin et qu’il faudrait réajuster», suggère M. Léger.

De son côté, le conseiller Paul Pellerin note qu’alors que la municipalité compte 128 kilomètres de routes de plus qu’il y a six ans, la quantité de sel épandue, elle, n’a pas changé.