Oromocto: un premier groupe de médecine familiale à l’oeuvre

Un premier groupe de médecine familiale est à l’oeuvre depuis peu au Nouveau-Brunswick. Le nouveau modèle d’organisation du travail des médecins doit rendre la vie plus facile aux patients tout en facilitant la conciliation travail-famille pour les omnipraticiens.

En travaillant en étroite collaboration avec trois collègues qui auront accès aux dossiers de ses patients, le Dr Stéphane Paulin espère qu’ils recevront de meilleurs soins, plus souvent et plus rapidement.

Le Dr Paulin fait partie du premier groupe de médecine familiale en activité dans la province dans la région d’Oromocto, près de Fredericton.

Le gouvernement et la Société médicale du Nouveau-Brunswick souhaitent étendre ce modèle aux quatre coins de la province.

Au sein du groupe du Dr Paulin, chaque médecin possède sa propre liste de patients tout en ayant accès aux dossiers des patients de leurs collègues.

Si l’un des médecins est absent parce qu’il doit travailler à l’hôpital ce jour-là ou est en vacances, les autres membres du groupe sont là pour prendre sa relève.

«Souvent quand on est à l’hôpital ou si on a des obligations familiales, il n’y a personne qui s’occupe de nos patients sauf à l’urgence ou dans les cliniques sans rendez-vous», explique Stéphane Paulin au sujet du modèle classique d’organisation du travail des médecins.

«Ce n’est pas toujours les meilleurs soins parce que ce n’est pas une équipe qui connait ton patient et qui a accès à son dossier médical.»

«Le nouveau système permet à l’équipe de prendre ta relève quand tu n’es pas là. Les patients vont aimer que la personne qui va les voir connaisse leur histoire, leurs antécédents.»

Du côté conciliation travail-famille, certains médecins partiront peut-être en vacances la conscience plus tranquille en sachant que leurs patients sont entre les mains de collègues bien informés, avance Dr Paulin.

«Tu vas peut-être te permettre de prendre les vacances dont tu as besoin, mais que tu limitais ou que tu interrompais pour rentrer au bureau une journée ou deux pour ne pas accumuler trop de retard.»

Selon l’entente qui lie la province aux omnipraticiens d’un groupe de médecine familiale, ceux-ci doivent également offrir à leurs patients la possibilité de voir un médecin le week-end ainsi que certains soirs de la semaine.

Cette nouvelle obligation est cependant peu encombrante puisque les médecins d’un même groupe peuvent se diviser la tâche, résume le Dr Paulin.

«On le fait en équipe alors tu n’assumes pas tous les quarts de travail (les soirs et les week-ends), on prend chacun notre tour.»

Selon la Société médicale du Nouveau-Brunswick, environ une centaine d’omnipraticiens ont entamé le processus afin de former un groupe de médecine familiale.

«Notre objectif est que chaque patient d’une clinique (d’un groupe de médecine familiale) puisse voir un omnipraticien qui a accès à son dossier médical en moins de 24 heures à 48 heures», a précisé le président de la Société, le Dr  Dharm Singh, lors d’une annonce, mardi, à Oromocto.

«Nous pensons que ce modèle va faciliter les efforts de recrutement en offrant aux jeunes médecins une façon plus moderne de pratiquer la médecine tout en préservant un équilibre travail-famille sain.»