La série de démissions au conseil de Kedgwick serait-elle le signe d’un malaise persistant?

Le conseil de la Communauté rurale de Kedgwick est composé de six conseillers et d’un maire. Ce qui frappe, c’est que depuis l’élection générale en 2016 – donc moins de deux ans –, la moitié du conseil a démissionné. Que se passe-t-il donc à Kedgwick?

En mai 2016, lors de l’élection municipale, Marc Talbot remportait son siège de conseiller dans le quartier 2. Tout juste après les Fêtes, ce dernier a remis sa lettre de démission au conseil.

Et il n’est pas le premier à avoir agi de la sorte. Les conseillers Éric Gagnon et Aurèle St-Pierre ont fait de même moins de six mois après le début de leur terme. Ils ont depuis été remplacés par Lynn Savoie et Réginald Lurette.

Les deux hommes avaient alors avoué avoir eu maille à partir avec la mairesse de l’endroit, Janice Savoie, ainsi qu’avec d’autres membres du conseil. On parlait notamment d’entorses aux procédures, de conflit de personnalités. M. Gagnon avait même laissé entendre à l’époque que l’atmosphère au conseil était tout simplement malsaine, soulignant être constamment la cible de critiques.

Les deux hommes avaient par ailleurs ouvertement appuyé Jean-Paul Savoie, lors de la campagne du maire sortant, allant même à former une équipe avec lui.

C’est tout le contraire par contre pour Marc Talbot qui, lui, appuyait pourtant la mairesse actuelle, Janice Savoie. «C’est même elle-même qui m’a convaincu de me présenter», avoue-t-il.

Ironiquement, comme ses deux confrères démissionnaires, c’est aussi la mairesse qui est responsable en quelque sorte de son départ. Ce qu’il lui reproche? Une trop grande emprise sur les dossiers de la municipalité et une ingérence intenable.

«Il y a beaucoup d’entorses aux procédures et des lacunes au niveau des communications. J’avais l’impression de ne pas pouvoir accomplir ce pour quoi les citoyens m’avaient élu, de ne pas mériter mon salaire. J’ai donc préféré partir», indique-t-il, ajoutant avoir déjà suffisamment de travail, et ce, aux niveaux personnel et professionnel, pour l’occuper.

Ce dernier n’en veut pas personnellement à la mairesse ni aux conseillers restants. Il trouve néanmoins qu’après trois démissions consécutives, il devient clair que quelque chose cloche dans la façon de faire de la municipalité et que ça doit changer.

«Mme Savoie est une bonne personne, mais il y a un manque évident d’expérience au niveau de la gestion de la municipalité. Tout le monde a un rôle à jouer et celui du maire n’est pas de contrôler, mais bien de guider son conseil», indique-t-il.

Jointe à son tour, la mairesse de Kedgwick ne partage visiblement pas le point du démissionnaire. Elle s’est même dite très surprise de recevoir sa démission à la fin décembre.

«Je suis un peu dans l’incompréhension. J’accepte avec regret, mais je ne comprends pas le départ de M. Talbot. Je croyais qu’on formait une belle équipe», confie-t-elle.

En fait, ce départ l’a tellement bouleversé qu’elle a tenu une rencontre d’urgence avec les conseillers toujours en poste.

«Je suis très ouverte et je leur ai posé la question: est-ce que c’est moi qui suis trop dure, trop exigeante? Est-ce que c’est moi le problème et que je ne le réalise pas? Et personne ne semblait avoir de problème avec ma façon de faire», indique-t-elle.

Cette dernière réfute les allégations voulant qu’elle gère d’une poigne de fer les affaires la municipalité, rappelant plutôt que les décisions sont adoptées par la majorité au sein du conseil.

«Je ne peux pas prendre seule les décisions. Tous les dossiers sont discutés avec le conseil et c’est la majorité qui approuve ou non», exprime-t-elle.

Pour ce qui est de la suite des choses, la municipalité a fait parvenir les documents nécessaires à Élections NB en vue d’un scrutin pour pourvoir le poste de M. Talbot au sein du conseil.

Selon Mme Savoie, une élection complémentaire devrait ainsi avoir lieu ce printemps.