Jan Prieditis rêve encore aux centres communautaires spirituels

NDLR: Deux nouvelles formations politiques provinciales ont été lancées depuis les élections de septembre 2014. À quelques mois du prochain appel aux urnes, l’Acadie Nouvelle a pris de leurs nouvelles. Comme nous l’avons constaté, une seule de ces formations naissantes est toujours debout.

Jan Prieditis voyait grand lorsqu’il a lancé le Parti de la communauté spirituelle du Nouveau-Brunswick, en septembre 2016. Il a cependant vite déchanté. L’Acadie Nouvelle l’a joint au Yukon, où il est établi depuis quelques mois.

C’est en septembre 2016 que Jan Prieditis a sauté à pieds joints dans l’arène politique en lançant officiellement sa formation.

Lors d’une conférence de presse à Moncton, ce gérant de club de squash a présenté les grandes lignes de son programme. Il proposait notamment de réduire la taille de l’État, de responsabiliser les usagers du système de soins de santé, d’abolir la dualité linguistique et de mettre sur pied des «centres communautaires spirituels».

Son discours était empreint de références à Dieu. «Je veux que les gens connectent personnellement et directement avec le Saint-Esprit omniprésent, Dieu, l’amour divin et qu’ils expriment de l’amour divin envers tout le monde. Dieu est omniprésent, commençons à régir les gens et les ressources en conséquence», avait-il affirmé.

Aujourd’hui, plus d’un an après cette conférence de presse, son projet est au neutre. Le Parti de la communauté spirituelle du N.-B. n’a pas été enregistré auprès d’Élections NB et n’assure qu’une très modeste présence en ligne.

«C’est sur la glace pour l’instant. Ça s’est métamorphosé en quelque chose de légèrement différent», explique Jan Prieditis en entrevue téléphonique.

Il raconte que peu après le lancement officiel de son parti, son employeur – un club de squash de Moncton dont il était le gérant et le joueur professionnel en résidence – lui a clairement indiqué qu’il n’était pas du tout à l’aise avec ses aspirations politiques.

«Le club de squash a vraiment résisté. Ils m’ont dit que si ça faisait les manchettes dans les journaux à nouveau, que je perdrais mon emploi. J’ai pas mal eu à me retirer (du projet de parti).»

Afin de ne pas être mis à la porte, il a donc renoncé à ses ambitions politiques. Il dit aussi en être arrivé à la conclusion que la création d’un parti n’était pas nécessairement la meilleure façon d’accomplir ses objectifs.

«Je crois qu’une partie du processus est d’habiliter la conscience des gens et de ne pas dicter les actions qu’ils doivent prendre. Ils se fient à ce qu’ils ont en eux. Dans un parti politique, il y a une ligne de parti à laquelle il faut adhérer.»

Depuis quelques mois, il n’habite plus au Nouveau-Brunswick. En septembre dernier, il a commencé à travailler à Whitehorse, au Yukon, comme entraîneur de squash.
Jan Prieditis dit ne pas avoir l’intention de lancer de parti politique dans ce territoire. Il dit cependant qu’il va probablement essayer de trouver des «personnes spirituelles» qui accepteront de se présenter comme candidats indépendants.

«Je crois que tous les politiciens et tous les leaders devraient accomplir la volonté de Dieu et ne devraient pas être dictés par un programme de parti ou par le whip d’un parti qui leur dit quoi faire. Le concept d’un parti va être tabletté pour essayer de trouver des gens qui vont accomplir la volonté de Dieu indépendamment.»

Il continue aussi de rêver au développement de centres communautaires spirituels. Il songe à la possibilité de tenter l’expérience au Nouveau-Brunswick, où il est toujours le propriétaire d’une maison.

«Je laisse mes options ouvertes. J’ai un contrat annuel au Yukon. Et le coût de la vie est certainement beaucoup moins élevé au Nouveau-Brunswick. Je peux me voir développer des centres communautaires spirituels au Nouveau-Brunswick dans le futur. J’espère que des leaders émergeront de ces centres.»

Gerald Bourque espère présenter 25 candidats pour les élections du 24 septembre

Lancé en mars 2017, le KISS N.B. Political Party continue de faire son petit bout de chemin sur la scène politique. Doté de moyens très modestes et de la conviction qu’il est temps de cesser d’élire les deux partis traditionnels, son fondateur voit grand pour les élections du 24 septembre.

Depuis maintenant quelques mois, Gerald Bourque continue de monter sa formation politique de toutes pièces.

Cet ancien ambulancier de Woodlands, au nord de Fredericton, a enregistré son parti auprès d’Élections NB. Il lui a aussi soumis son premier rapport financier en octobre dernier.

Le document fait état de moyens modestes. C’est le moins que l’on puisse dire. De la fin mars à la fin juin, le parti a récolté 100$ de la part d’individus. Sa seule dépense a été de payer des frais bancaires de 14,19$.

Pendant ce temps, il assure une présence assez rudimentaire sur internet; il est doté d’un site web mis à jour de temps à autre et d’une page Facebook. Cette dernière est aimée par sept usagers. On ne parle donc pas d’un raz de marée politique.

En entrevue téléphonique avec l’Acadie Nouvelle, Gerald Bourque rapporte que son travail porte ses fruits. Il rapporte que son message est bien reçu dans sa région.
«La plus grande surprise que l’on a eue, c’est l’appui de banquiers, de comptables, d’avocats et d’entreprises. Je leur ai parlé pour leur dire que si l’on continue comme ça, on va faire banqueroute. Ils étaient tous d’accord.»

Au cours des derniers mois, d’autres donateurs se sont pointés, dit-il. Les 85,81$ qu’il avait en banque le 30 juin dernier ne sont qu’un début, selon lui.
«On a reçu davantage de dons. On n’a pas vraiment mis l’accent sur la collecte de fonds encore, mais des gens d’affaires m’ont dit qu’ils appuieraient.»

Un ambitieux objectif pour les élections

À moins d’un revirement de situation, les électeurs seront appelés aux urnes le 24 septembre prochain. Gerald Bourque s’y prépare petit à petit.

«On a environ douze personnes qui ont offert de se présenter. J’aimerais avoir au moins 25 personnes avant d’enregistrer leurs noms. J’en ai à Moncton, dans le comté de Kent, à Bathurst, à Miramichi et pas mal dans la région de Fredericton.»

S’il veut attendre avant d’annoncer son équipe de candidats, c’est qu’il est convaincu que ses opposants vont s’en prendre à eux dès que leur identité sera connue. Il dit que sa patience est stratégique.

Il espère présenter un candidat dans chacune des circonscriptions de la province en vue des élections, mais dit qu’il serait bien content de se rendre à mi-chemin.
«J’espère avoir 25 candidats. J’aimerais en avoir 49 au final, mais je vais essayer d’en avoir 25 avant de dévoiler quelque nom que ce soit.»

Ce serait tout un accomplissement de sa part de monter une telle équipe. Lors de leurs premières élections provinciales, en 2010, le Parti vert et l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick avaient réussi à recruter respectivement 49 et 14 candidats dans 55 circonscriptions.

Lorsqu’on lui demande s’il compte se présenter dans Fredericton-York, comme il l’avait fait en 2014 à titre de candidat indépendant (après avoir été défait lors de l’investiture libérale dans cette circonscription), il nous sort un lapin de son chapeau.

«Je pense de me présenter dans la circonscription de Kris Austin», confie-t-il. Il pourrait donc tenter sa chance dans Fredericton-Grand Lac, où le chef de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick est passé à 26 votes de la victoire.

Un programme simple

Gerald Bourque a l’intention de s’inspirer du nom de son parti – qui est l’acronyme de «Keep It Simple Solutions» – pour présenter un programme épuré lors de la prochaine campagne électorale.

«Notre message sera qu’il faut contrôler notre dette et qu’il faut adopter une constitution (provinciale) afin que tous les politiciens soient imputables à compter de maintenant. Je voudrais aussi ramener les postes de péage sur les routes de la province, à tous les points d’entrée principaux du Nouveau-Brunswick», dit-il.

Jan Prieditis et Gerald Bourque ont failli faire front commun

En entrevue téléphonique, Gerald Bourque affirme que sa formation politique a failli ne pas voir le jour.

Dans les mois qui ont précédé la fondation du parti KISS N.-B., il est passé à un cheveu de se joindre au Parti de la communauté spirituelle, lancé par Jan Prieditis en septembre 2016.

«Je suis allé voir Jan. Il est venu ici (à Woodlands, au nord de Fredericton), on a mangé un repas ensemble. Je suis allé à Moncton pour le rencontrer à une couple de reprises. J’allais me joindre à lui, mais j’ai trouvé que ce n’était pas tout à fait ce que je cherchais.»

Jan Prieditis confirme que les rencontres en question ont bel et bien eu lieu. «On s’est rencontré à plus d’une occasion. Ça a fait partie de ma campagne pour trouver des candidats.»

Il s’en est fallu de peu pour que les deux politiciens unissent leurs forces. Mais selon Jan Prieditis, leurs visions n’étaient pas tout à fait compatibles. «Il ne veut pas vraiment être manifeste à propos de Dieu», dit-il.