Les alertes météo se multiplient à l’approche d’une autre tempête

Environnement Canada et l’Organisation des mesures d’urgence du Nouveau-Brunswick ont multiplié lundi les alertes météo à l’approche d’un système météorologique qui apportera d’importantes précipitations sur l’ensemble de la province.

Tous les ingrédients nécessaires à la confection d’un cocktail météo seront réunis grâce au passage de ce système dépressionnaire en provenance des Grands Lacs.

Environnement Canada prévoit que des précipitations sous forme de neige, de pluie verglaçante, de grésil et de pluie vont s’abattre sur le Nouveau-Brunswick, et ce, à partir de la nuit de lundi à mardi, jusqu’à mercredi matin.

Un avertissement de neige a été décrété par l’agence gouvernementale pour les régions du Madawaska, de Victoria et du Restigouche, où des accumulations de 15 à 25 centimètres sont attendues.

Toujours selon Environnement Canada, cette neige se changera probablement en grésil mardi après-midi, puis en pluie verglaçante, pour finalement se transformer en pluie mardi soir et dans la nuit de mardi à mercredi.

De fait, Environnement Canada a émis lundi en fin d’après-midi un avertissement de pluie verglaçante dans ces trois régions.

Les autres secteurs du Nouveau-Brunswick font également l’objet d’un avertissement de pluie verglaçante et devront composer avec des conditions météo semblables, en plus d’accumulations de verglas et de glace qui pourraient casser des branches d’arbres, le tout sans oublier la présence de vents bien sentis.

Des régions comme Saint-Jean pourraient ainsi recevoir jusqu’à 40 millimètres de pluie.

«Utiliser le terme bombe météorologique serait trop gros, il est plutôt question ici d’une autre tempête hivernale. C’est quand même le mois de janvier dans les maritimes», a affirmé Claude Côté, météorologue chez Environnement Canada.

Des températures douces accompagneront ce système dépressionnaire, alors que le mercure pourrait approcher 10°C mardi et mercredi, dans la portion sud de la province, et flirter avec le point de congélation dans les régions situées plus au nord.

«Mardi, on pourrait pratiquement parler de quatre saisons dans une même journée», a lancé Claude Côté, tout en indiquant qu’il y a de faibles probabilités de voir des records de chaleur être fracassés au Nouveau-Brunswick.

L’Organisation des mesures d’urgence du Nouveau-Brunswick a pour sa part renouvelé l’invitation à la population de prendre les précautions nécessaires pour protéger les biens ainsi que les habitations et a incité les automobilistes à la plus grande prudence sur les routes.

Fermer ses portes ou demeurer ouvert en cas de tempête?

Les sautes d’humeur de Dame Nature ne représentent pas uniquement un casse-tête pour les automobilistes et des risques de dommages pour les infrastructures telles que les ponts et les routes.

Des évènements météorologiques comme les tempêtes hivernales causent aussi des maux de tête aux entreprises et aux commerces.

Certaines entreprises et les différents districts scolaires de la province disposent de politiques claires à ce sujet et ont l’habitude de jongler avec les intempéries.
Il en va tout autrement pour bon nombre d’employeurs de la province, à qui incombe la décision d’ouvrir ou non leurs portes lors de tempêtes et d’en assumer les conséquences.

«Une journée de tempête peut représenter des pertes de revenus pour une entreprise, comme un restaurant qui se voit obligé de fermer ses portes. Pour d’autres, l’impact peut être un peu moins grand», affirme Louis-Philippe Gauthier, le directeur des affaires provinciales de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

«Les gens et les entreprises en Atlantique sont habitués aux tempêtes et à traiter avec Dame Nature. Les entrepreneurs tirent habituellement leur épingle du jeu dans de telles circonstances, en offrant par exemple aux employés la possibilité de travailler à partir du domicile.»

La FCEI suggère fortement aux entreprises de se doter d’une politique sur les tempêtes de neige, le verglas ou les inondations, qui aidera à assurer le bon fonctionnement des activités et à éviter des déplacements risqués aux employés.

Dans un document écrit proposé à ses membres, l’organisme qui représente les PME au pays indique qu’il est parfois préférable de fermer boutique plutôt que de braver la tempête.

Selon la FCEI, cette politique devrait comprendre des critères précis comme les accumulations de neige, la force des vents et un regard sur les institutions gouvernementales qui décident de fermer boutique ou non ainsi que les recommandations du ministère des Transports.

«La première responsabilité d’un employeur est de s’assurer de la sécurité de ses employés. Il faut ensuite mettre en pratique cette politique des intempéries et bien la communiquer aux employés», lance sans détour Louis-Philippe Gauthier.

L’impact d’une tempête peut également se faire ressentir chez certains employés d’entreprises qui décident de fermer temporairement leurs portes, puisque les normes provinciales du travail n’imposent pas à l’employeur de payer les employés dans de telles circonstances.

«L’idéal serait que l’employé soit quand même payé, de lui permettre de reprendre les heures perdues plus tard ou de piger dans sa banque de jours de vacances», estime pour sa part Daniel Légère, le président du Syndicat canadien de la fonction publique au Nouveau-Brunswick.