Glencore investira des millions $ dans sa fonderie de Belledune

La Fonderie Glencore de Belledune investira plusieurs millions de dollars au courant de la prochaine année afin de moderniser les installations de son usine d’acide sulfurique. Un projet important, certes, mais qu’il ne faut pas percevoir comme un gage de pérennité.

La Fonderie de Belledune est présente dans le paysage depuis plus d’une cinquantaine d’années. Et certains équipements que l’on y retrouve datent justement de l’époque de sa construction. De là l’importance de procéder à certaines modernisations.

La direction de l’usine a ainsi annoncé à ses employés durant la période des Fêtes qu’elle changerait notamment ses «précipitateurs électrostatiques», une composante importante de la fonderie.

Côté pratique, on ne s’attend pas à ce que ces ajouts permettent d’accroître la capacité de production de l’usine.

«Cela va plutôt nous permettre de maintenir les opérations tout en étant appuyés par de l’équipement plus récent. Puisqu’il s’agit d’une modernisation, on s’attend à ce que la performance générale de l’installation soit améliorée, qu’on gagne en constance et même qu’on épargne un peu au niveau de l’énergie. Mais d’emblée, ce projet en est vraiment un de remplacement d’équipements en fin de vie», confirme Marc Duchesne, directeur général des installations à Belledune.

Avec ses quelque 430 employés, la fonderie de plombs de Glencore demeure toujours l’un des grands employeurs du nord de la province.

Un avenir toujours incertain

Si la nouvelle est positive en soi, le directeur général de l’usine y va toutefois d’une mise en garde: ce projet ne doit pas être perçu comme étant le signe que les beaux jours sont de retour.

«Cet investissement était nécessaire, on n’avait pas le choix. Malheureusement, ces travaux sont requis dans une période qui est toujours très difficile pour la fonderie. On fait face à une disponibilité de matière première qui est à un creux historique, ce qui fait que nos revenus sont à la baisse. La situation de la fonderie demeure donc toujours très incertaine», indique-t-il, confirmant que ces millions en investissements ne seront pas garants pour autant de l’avenir de l’usine à long terme.

Selon ce dernier, l’équipe de la fonderie travaille depuis d’arrache-pied depuis la fermeture de la Mine Brunswick, en 2013, pour s’adapter à la nouvelle réalité.

Auparavant, plus de 50% du minerai traité par la fonderie provenait de cette mine. Toutefois, depuis la fermeture, la fonderie se voit dans l’obligation d’acheter une plus grande partie de sa matière première sur les marchés, donc de l’importer, ce qui la rend plus vulnérable.

«Cet investissement est une bonne nouvelle, il n’y a pas de doute. Mais il ne doit pas être interprété comme le projet qui va assurer la survie de l’usine de Belledune. On est encore dans la situation où l’on doit optimiser nos opérations, devenir plus efficace, plus sécuritaire», ajoute M, Duchesne.

Les équipements de remplacements devraient arriver au début de l’été. Les travaux devraient alors débuter et se poursuivront à l’automne. Aucun arrêt de l’usine ne sera nécessaire puisque les nouvelles pièces seront installées en parallèle des anciennes.