Trou noir: bientôt de l’aide pour les chômeurs, dit Cormier

Le gouvernement fédéral est-il sur le point de lancer un programme d’aide pour appuyer les travailleurs saisonniers qui risquent bientôt de tomber dans le trou noir de l’assurance-emploi? C’est ce que laisse entendre Serge Cormier, député fédéral d’Acadie-Bathurst.

Au cours des dernières semaines, des travailleurs saisonniers de la Péninsule acadienne ont manifesté à quelques reprises pour réclamer des mesures d’urgence pour atténuer l’impact du trou noir, soit la période entre la fin des dernières prestations et le début de la saison de travail au printemps.

Un autre rassemblement doit avoir lieu vendredi en début de soirée à Inkerman.

Les élus fédéraux et provinciaux du Nouveau-Brunswick travaillent à résoudre le problème, a expliqué M. Cormier lors d’un entretien avec l’Acadie Nouvelle.

«On veut que ces personnes qui vont prochainement se trouver sans revenus puissent continuer de toucher à leurs prestations. Plusieurs solutions sont en train d’être envisagées, tant au niveau fédéral qu’avec nos collègues du provincial. On examine toutes les options devant nous. On devrait avoir quelque chose à présenter très prochainement.»

Ce n’est pas seulement dans le nord du Nouveau-Brunswick où cet enjeu fait réagir. Des travailleurs de la Côte-Nord et de la région de Charlevoix ont récemment occupé les bureaux du ministre fédéral Jean-Yves Duclos dans la circonscription de Québec.

«Ce n’est pas seulement Acadie-Bathurst qui est concernée, mais j’ai rencontré le premier ministre (Justin) Trudeau pour lui parler de ce problème en particulier et d’autres enjeux de notre région.»

La solution ne sera cependant pas de modifier les frontières des régions économiques de l’assurance-emploi du Nouveau-Brunswick, nuance M. Cormier.

Cette mesure est réclamée par les manifestants. Selon eux, le nœud du problème réside dans le fait que la Péninsule acadienne se trouve dans la région économique de l’assurance-emploi Restigouche-Albert qui englobe non seulement une grande partie du nord de la province, mais aussi le comté de Kent et les régions rurales autour de Moncton.

Globalement, le taux de chômage dans cette grande zone est actuellement établi à 11,7%, mais il varie entre les régions incluses dans la zone. Par exemple, dans la région de Cambpellton-Miramichi, qui comprend la Péninsule acadienne, il s’élève à 13,5%.

Puisque le nombre de semaines de prestations accordé aux travailleurs est lié au taux de chômage d’une région, les travailleurs de Restigouche-Albert doivent travailler 490 heures pour toucher aux prestations.

Il y a un an, la région de Restigouche-Albert affichait un taux de chômage de 14,2%. Les travailleurs avaient donc besoin de travailler un minimum de 420 heures pour recevoir de l’assurance-emploi.

«Ils (les manifestants) nous demandent de créer une région particulière pour la Péninsule acadienne. Ça réglerait peut-être le problème aujourd’hui, mais on risque de revenir à la case départ l’an prochain. Qu’est-ce qui arrive si le taux de chômage baisse de 0,5%? On va se trouver dans la même situation et les gens devront travailler autant d’heures pour se qualifier à l’assurance-emploi. L’option n’est pas réaliste», dit Serge Cormier.

Selon le député d’Acadie-Bathurst, les tendances semblent démontrer que l’on se dirige vers une situation où le taux de chômage sera bientôt plus bas dans le nord du Nouveau-Brunswick.

D’après une analyse récente de Samuel LeBreton, un économiste à la retraite, le marché du travail du nord-est du Nouveau-Brunswick, soit les comtés de Gloucester, Northumberland et Restigouche, a enregistré un gain net de 2300 emplois en 2017. Le taux d’emploi a grimpé de 2% pour s’établir à 47,6%, un sommet depuis 2013.

Par ailleurs, le nombre de chômeurs a reculé de 1500 personnes et le taux de chômage a chuté de 2,3%. Le taux de 13,5% est le plus bas enregistré dans la région depuis 2007.

Pour Serge Cormier, ces chiffres ne sont pas étrangers au fait que le gouvernement déploie des efforts pour stimuler l’économie locale.

«On veut trouver une solution temporaire pour aider les personnes dans le trou noir, mais il ne faut pas perdre de vue la situation dans son ensemble. On veut continuer de travailler sur des solutions à long terme.»