La Gendarmerie royale du Canada devra verser 550 000 $ à la GRC, reconnue coupable d’avoir mal équipé ses membres lors de la fusillade de Moncton, en juin 2014.

Le juge Leslie Jackson a rendu sa décision vendredi dans une salle d’audience bondée à Moncton.

Seulement 100 000$ iront au ministère de l’Emploi et du Développement social du Canada, qui a porté les accusations contre la force policière.

Les 450 000 $ restants seront distribués entre plusieurs causes: 300 000$ pour des bourses d’études attribuées à des étudiants de l’Université de Moncton et 60 000$ pour un fonds d’études destiné aux six enfants des policiers tués. 75 000$ iront à l’association Fil de Vie, qui offre du soutien aux familles des victimes de tragédies au travail et 15 000$ reviendront à l’organisme Place Valour destiné aux familles de gendarmes et de militaires éloignés de leur foyer.

Au terme d’un procès historique, l’agence a été reconnue coupable d’avoir violé le Code canadien du travail en ne fournissant pas à ses agents l’équipement et la formation nécessaire pour réagir à la fusillade de Moncton qui a coûté la vie à trois policiers et a blessé deux agents en juin 2014.

Le juge Leslie Jackson souligne que la peine doit faire comprendre aux dirigeants de la GRC que la sécurité des agents est d’une importance capitale. Il ajoute que les démarches entreprises depuis la tragédie pour améliorer l’équipement et la formation des gendarmes constituent un facteur atténuant.

En novembre dernier, le procureur de la Couronne Paul Adams avait demandé à la Cour d’imposer la peine maximale, soit une amende de 1 million $. De leur côté, les avocats de la GRC ont proposé une amende de 500 000$, dont 400 000$ sous forme de dons.

À l’issue de l’audience, Nadine Larche, la femme du défunt Douglas Larche, a partagé la souffrance qu’elle continue de ressentir au quotidien.

«Des vies ont été changées pour toujours à cause des décisions de certaines personnes. Mes trois enfants grandissent sans leur père. Aucun jugement ne ramènera ces hommes, aucun jugement ne pourra réparer les torts, aucun jugement ne pourra faire cesser notre chagrin.»

Elle se dit convaincue que son mari serait vivant si la GRC avait pris les mesures qui s’imposaient. «Mon seul espoir est que les dirigeants de la GRC donneront la priorité à la sécurité des agents pour que les membres de la GRC qui sont dehors et nous protègent seront eux-mêmes mieux protégés.»

Le sous-commissaire de la GRC Daniel Dubeau a fait le déplacement jusqu’à Moncton. «Comme organisation, nous devons travailler ensemble pour rendre le milieu de travail plus sécuritaire et respectueux», a-t-il déclaré à la sortie du tribunal.

Plusieurs représentants de l’État-major de la GRC ont fait le déplacement à Moncton. Le sous-commissaire de la GRC Daniel Dubeau fait une courte déclaration publique à la sortie du tribunal.

«Comme organisation, nous devons travailler ensemble pour rendre le milieu de travail plus sécuritaire et respectueux», a-t-il déclaré après avoir eu quelques mots pour les victimes de la tuerie.

«On a perdu des modèles, la perte est immense.»

Larry Tremblay, nouveau commandant divisionnaire de la GRC au Nouveau-Brunswick, mentionne les progrès de la force policière pour mettre en oeuvre les recommandations du rapport MacNeil. «On n’aborde aucune journée de la même façon depuis le 4 juin 2014.»

La défense n’a pas encore décidé si elle comptait faire appel de la décision. La GRC dispose de 30 jours pour faire appel.

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