Budget 2018-2019: six éléments à surveiller

La ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, Cathy Rogers, présentera mardi, à l’Assemblée législative, le quatrième et dernier budget de son gouvernement avant les élections provinciales. Voici les six éléments à surveiller dans le budget, selon l’Acadie Nouvelle.

1. La réduction du déficit

Le premier ministre Brian Gallant a déjà indiqué à la fin décembre que le budget 2018-2019 ne serait pas équilibré. Le gouvernement devrait cependant continuer de s’approcher de l’équilibre budgétaire.

Selon le plan financier inclus dans la plateforme électorale du Parti libéral en 2014, le manque à gagner devrait être de 102,5 millions $ lors du prochain exercice financier. La tarification du carbone pourrait toutefois creuser un trou dans les prévisions budgétaires du gouvernement (lire ci-dessous).

Fredericton prévoit dorénavant une croissance du produit intérieur brut de 1,3% pour 2017 alors que l’économie canadienne tournait à plein régime. Il y a fort à parier que les prévisions de croissance seront inférieures en 2018, ce qui entraînera inévitablement les revenus vers le bas.

2. La tarification du carbone

Les consommateurs n’y verront peut-être que du feu lors de l’entrée en vigueur de la taxe provinciale sur le carbone, mais c’est une tout autre histoire pour les finances de la province.

En décidant de verser une partie des revenus de la taxe existante sur l’essence dans le fonds vert au lieu de facturer une nouvelle taxe aux automobilistes, Fre­deric­ton s’apprête à créer un trou de 37 mil­­lions $ dans son budget.

La ministre des Finances devra expliquer mardi où son gouvernement est allé chercher ces fonds dans son budget, à moins qu’il ait plutôt décidé de financer le fonds vert à l’aide du déficit.

Peu importe la solution choisie, l’exercice devra être répété chaque année alors qu’une plus grande part des revenus de la taxe sur l’essence sera transférée vers le fonds vert pour atteindre 180,2 millions $ par année en 2022.

3. La légalisation du cannabis

À cinq mois de l’ouverture des premiers magasins de Cannabis NB, de nombreuses questions demeurent sans réponses sur le plan financier.

On ne sait toujours pas combien se vendra la drogue dans les boutiques de la société de la Couronne ni si la province compte faire du profit la première année.

Fredericton n’a pas non plus indiqué aux municipalités quelle sera leur part du gâteau pour couvrir les coûts supplémentaires anticipés en matière de maintien de l’ordre. Les villes et les villages réclament le tiers de la taxe d’accise sur le cannabis, mais la province semble déterminée à conserver ces nouveaux revenus.

Avec un peu de chance, le budget répondra à certaines de ces questions.

4. La baisse des impôts

Fredericton fera passer l’impôt sur le revenu des petites entreprises de 3% à 2,5% dans le budget de mardi. Cette baisse d’un demi-point de pourcentage, la quatrième depuis l’élection des libéraux en 2014, coûtera environ 5 millions $ au trésor public.

Le gouvernement sera-t-il tenté d’offrir d’autres réductions de taxes ou d’impôts aux contribuables ou aux entrepreneurs à quelques mois des élections? Même si les libéraux n’ont encore donné aucune indication en ce sens, tous les rêves sont permis en année électorale.

Dans la même veine, il y a fort à parier que le gouvernement n’osera pas mettre les contribuables de mauvaise humeur juste avant de les appeler aux urnes en leur imposant des hausses de frais ou de tarifs.

5. Les investissements pluriannuels

Les libéraux se sont livrés dernièrement à plusieurs annonces d’investissements pluriannuels dont les bienfaits ne se feront sentir chez les populations visées qu’après les prochaines élections, à condition bien sûr qu’ils soient réélus ou que le prochain gouvernement décide d’aller dans la même direction.

La gratuité des services de garde pour les familles à faible revenu, la stratégie de croissance du secteur touristique et les centaines de millions de dollars prévus pour la remise à neufs des ponts de la province font notamment partie de cette catégorie.

Le budget 2018-2019 pourrait bien être truffé de ce genre d’initiatives.

6. La réaction de l’opposition

Huit mois avant les élections, il est de plus en plus difficile pour les partis d’opposition de critiquer le gouvernement sans offrir d’alternatives claires et concrètes. On sait déjà que le budget libéral sera rempli de nouvelles dépenses notamment en petite enfance, en santé, en aide aux entreprises et en infrastructure. Le Parti progressiste-conservateur en particulier devra présenter davantage aux électeurs dans sa réponse au budget qu’une vague promesse de dépenser moins s’il souhaite attirer leur faveur en prévision du scrutin.