Une femme tente de refaire sa vie après un incendie

À force de courage et d’espoir, une résidente d’Edmundston tente de refaire sa vie après l’incendie qui a complètement ravagé le logement qu’elle occupait avec sa petite famille.

La vie de Diana Légère a plus que basculé le 23 janvier, alors que l’appartement de la rue Cormier où elle habitait a été la proie des flammes en début de soirée.

Le feu a pris naissance dans le duplex vers 18h, vraisemblablement en raison d’un article qui aurait été laissé sans surveillance par la locataire occupant le logement situé à l’étage inférieur.

Même si elle se retrouve sans logis depuis un peu plus d’une semaine et qu’elle a perdu énormément de biens personnels dans la tragédie, la sinistrée s’estime tout de même chanceuse à certains égards.

Attablée dans un resto-bar d’Edmundston, Diana Légère raconte d’abord que le destin a voulu qu’elle soit absente du travail le jour du drame.

«Mon fils Dylan, qui a 11 ans et qui est gardien averti, serait demeuré seul à la maison si je m’étais présenté au travail. J’ignore ce qui aurait pu arriver dans ce cas…»

La préposée dans un foyer de soins spéciaux a expliqué que l’immeuble de deux logements n’était pas muni de détecteurs de fumée.

«Si le feu avait éclaté au beau milieu de la nuit, mon fils et moi aurions possiblement été faits prisonnier par les flammes», illustre Diana Légère.

Le chat Milo sauvé par les pompiers

C’est l’entreprise de sécurité ADT qui a alerté les services d’urgence d’Edmundston.

Tout en combattant le brasier qui faisait rage, les pompiers sont parvenus à extirper des flammes le chat Milo, considéré comme un membre de la famille à part entière.

Malgré le fait qu’aucun blessé ou décès ne soit à déplorer dans l’incident, le feu qui a fait rage au 23 rue Cormier a fait des victimes et causé bien des dommages aux locataires sinistrées.

«Depuis l’incendie, mon garçon fait des cauchemars terribles. Il se réveille en pleine nuit en criant, croyant qu’il brûle au beau milieu des flammes», raconte Diana Légère avec émotion, en ajoutant qu’elle a refusé de montrer les débris de la maison à sa fille âgée de huit ans.

Diverses organisations ont prêté main-forte à la sinistrée, afin que celle-ci puisse refaire sa vie.

La Croix-Rouge, l’Atelier R.A.D.O., Les Chevaliers de Colomb, l’entreprise Winmar et l’école Carrefour de la Jeunesse d’Edmundston ont tous contribué au rétablissement de Diana Légère et de sa famille.

Celle-ci réside actuellement chez une amie à Saint-Hilaire, en attendant de pouvoir se dénicher un logement dans la région d’Edmundston.

La sinistrée avoue traverser des moments difficiles, même si le moral tend à vouloir revenir dans son quotidien.

«Je n’arrive pas à décrire mes sentiments, ce sont cinq minutes de bonheur qui sont suivies de cinq minutes de peine. Mais je veux rester forte, surtout pour mon garçon», raconte celle qui a dû en plus composer avec une rupture amoureuse après le drame.

Comble de malheur, l’assurance habitation détenue par cette dernière n’avait pas encore été renouvelée au moment du sinistre et devait l’être au cours des prochains jours.

«Être victime d’un incendie et presque tout perdre peut représenter un traumatisme aussi important qu’un crash d’avion ou qu’un séisme», explique Jalila Jbilou, professeure à l’École de psychologie de l’Université de Moncton.

«L’incendie représente la peur, car il y a les flammes, la chaleur… C’est très intense et ça peut être très traumatisant», a ajouté la spécialiste des troubles anxieux et du stress post-traumatique.

Carole Jalbert, une amie de la victime, a mis sur pied une campagne de financement via le site Web Gofundme afin d’appuyer les efforts de reconstruction de la sinistrée.

Les gestes de générosité de certains citoyens ont profondément ému Diana Légère.

«Une dame que je ne connais pas et qui habite à l’extérieur de la province a fait don de 100$. Je n’arrive pas à comprendre et à croire qu’il y a des gens comme ça sur la Terre.»