Bientôt neuf ans sans convention collective

Les soins à domicile devraient-ils devenir un service public géré par le gouvernement provincial? Après plusieurs années d’impasse dans les négociations avec leur employeur – la Croix-Rouge canadienne – les travailleuses à domiciles représentées par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) estiment qu’il s’agit du seul moyen pour régler la situation.

La section locale 4598 du SCPF, qui représente les 136 travailleuses de soins à domicile de la Croix-Rouge canadienne au N.-B., a tenu une conférence de presse mardi matin à Tracadie pour dénoncer l’inaction de leur employeur.

Les travailleuses à domicile dispensent des soins de base, principalement aux personnes âgées, aux personnes handicapées et aux personnes souffrant d’une maladie chronique, en se rendant au domicile des bénéficiaires. Il peut s’agir de nourrir, de changer ou de laver le bénéficiaire, par exemple.

Selon Thérèse Duguay, présidente de la section locale, le 31 mars marquera le 9e anniversaire du début des négociations pour une nouvelle convention collective. Jusqu’à présent, les rencontres n’ont pas porté leurs fruits.

«La Croix-Rouge nous répond qu’elle ne voit pas la nécessité de nous rencontrer. Elle nous demande de soumettre nos propositions. Il y a un refus complet de rencontrer le syndicat. Les employées de leur côté sont dans les limbes parce qu’elles attendent un contrat depuis neuf ans», déplore Robert LeMoignan, représentant national du syndicat.

Mme Duguay espère maintenant que le gouvernement provincial s’implique dans le dossier. Dans son plus récent budget, il a annoncé un investissement de 12 millions$ pour appuyer les employés des foyers de soins spéciaux et le personnel de soutien à domicile. Le SCPF demande que cet argent serve à augmenter le salaire horaire des travailleuses de soins à domicile de 13,65$ à 15$.

«Personne ne semble vouloir s’occuper de notre situation. Est-ce que c’est parce que nous sommes majoritairement des femmes? Parfois, je me pose la question. Ils pensent peut-être que les femmes ne vont pas s’exprimer, mais je peux te dire que j’ai assez de voix pour toute la gang! Il faut que ça change. Il faut que le gouvernement s’implique», lance Mme Duguay.

En transférant les soins à domicile à la sphère publique, le gouvernement serait obligé de rendre des comptes, de négocier raisonnablement et de respecter ses obligations, argumente-t-elle.

D’après le syndicat, l’impasse avec la Croix-Rouge contribue aussi à une dégradation des conditions de travail et de la qualité des services offerts aux patients.

Robert LeMoignan ne passe pas par quatre chemins pour s’en prendre à l’organisme international.

«C’est intolérable et inconcevable qu’un organisme à qui on a rattaché une réputation intouchable traite les employés du Nouveau-Brunswick de cette manière. On est rendu à un point où après neuf ans de négociation, la Croix-Rouge n’est plus un employeur crédible à nos yeux. On souhaite que le service devienne public pour que les travailleuses puissent avoir des conditions de travail réalistes.»

Le SCFP entend poursuivre leurs démarches au cours des prochains mois. Une manifestation sera organisée le 29 mars à Saint-Jean devant le siège social de la Croix-Rouge canadienne au Nouveau-Brunswick.