L’engouement pour la chirurgie esthétique est plus fort que jamais

La clinique Allura de Dieppe n’a jamais accueilli autant de visiteurs. Le Dr. Ali Husain qui y pratique la chirurgie esthétique depuis 2002 constate que les gens en parlent de plus en plus ouvertement et y ont librement recours.

Grâce au partage d’expériences sur le Web, l’information à son sujet circule mieux et contribue à la rendre moins taboue, observe le chirurgien.

Les gens sont de plus en plus informés des possibilités et des types de chirurgies. Ils apprennent beaucoup à la télévision et sur les réseaux sociaux», dit-il.

Lifting du visage, implants mammaires, reconstruction du nez et liposuccion sont parmi les procédures les plus en demande. S’ils forment encore une minorité des clients, les hommes sont plus nombreux que par le passé à consulter pour corriger des défauts physiques ou repousser l’apparition des premiers signes de vieillesse.

La plupart des patients de la clinique désirent transformer leur apparence pour gagner en estime de soi, avance Dr Husain.

«Ça affecte la façon dont ils se voient lorsqu’ils se regardent dans le miroir. Ils se sentent plus en confiance et ils se sentent comme une nouvelle personne.»

«Pour qu’une chirurgie soit un succès, il faut comprendre précisément ce que la personne veut accomplir. Qu’est-ce qui vous dérange, qu’est-ce que vous voulez changer? Quand leur désir devient clair, je leur donne des options et ils choisissent en fonction de leur budget, de leurs préférences», ajoute-t-il.

Si les interventions sont aujourd’hui moins lourdes et moins invasives, remodeler son corps n’est pas pour autant plus accessible qu’auparavant.

Le prix des procédures les plus en vogue reste élevé: 9000$ pour un «lift» du visage ou du cou, de 8500$ à 9600$ pour une augmentation mammaire et de 8700$ à
10 000$ pour une abdominoplastie, une opération qui consiste à rendre l’abdomen plus plat en enlevant la peau et la graisse excédentaires.

Certains se tournent donc vers une opération à l’étranger dans l’espoir de réaliser des économies. Dr Husain met en garde contre cette pratique. Comme tout acte médical, la chirurgie esthétique comporte son lot de risques pour la santé.

«S’il y a une complication, qui va faire le suivi par la suite? Si vous avez une infection , des saignements, qui va s’occuper de vous?»

Société de l’image et culte du corps

Le marché de l’esthétique médicale est en pleine croissance, porté par le culte de la jeunesse et de la beauté véhiculé par les publicités, les magazines féminins ainsi que par certaines émissions télévisées.

Ali Husain doit parfois réfréner les désirs de transformation de ses clients et les inviter à faire preuve de mesure.

«Je préviens mes patients qu’il faut avoir des attentes réalistes, parfois les gens sont influencés par ce qu’ils voient à la télévision, par ce que font certaines célébrités. Une chirurgie plastique ne devrait jamais être extrême, il faut que ce soit naturel, que ça vous ressemble et non que ça ressemble à quelqu’un d’autre. Il n’y a rien de mal à vouloir avoir une belle apparence, là où ça devient un problème c’est lorsque ça devient excessif, lorsqu’une personne ne sait pas quand arrêter.»

Il arrive que le chirurgien rencontre des personnes atteintes dysmorphophobie, cette préoccupation obsédante d’avoir une partie du corps laide ou malformée.

celui-ci peut alors refuser d’opérer les patients souffrant de ce trouble qui ont tendance à se tourner vers la chirurgie plastique afin de tenter d’échapper à leur malaise corporel.

«Certaines personnes portent un regard déformant sur le corps. Personne d’autre qu’eux-mêmes ne voit les défauts qu’ils perçoivent. Généralement, ce ne sont pas de bons candidats pour une chirurgie esthétique. Heureusement c’est très rare.»