Péninsule acadienne: le recyclage institutionnel et commercial pourrait voir le jour

Près de quatre ans après sa mise en place dans la Péninsule acadienne, le programme recyclage pourrait bientôt prendre un peu plus d’ampleur en s’implantant dans les secteurs institutionnel et commercial. Un projet pilote a récemment été lancé dans les édifices à logement de l’Université de Moncton, campus de Shippagan (UMCS).

Actuellement, seule la récupération de matières recyclables à domicile est offerte dans la Péninsule acadienne, mais depuis peu, des bacs bleus de récupération sont disponibles dans les trois édifices à logement de l’UMCS.

Cela a été rendu possible grâce à la détermination d’Ève Kelly et d’Alexandre Flynn Simard, deux étudiants au baccalauréat en développement durable et zone côtière.

Ils se sont rencontrés cet été alors qu’ils étaient collègues de travail.

«J’en parlais avec Ève parce que ça me tannait de ne pas pouvoir recycler et d’être obligé de jeter les choses dans la poubelle», raconte Alexandre Flynn Simard, originaire de Montréal.

«J’étais présidente du comité environnemental à l’École secondaire Népisiguit et on avait un programme de recyclage et de compostage, mais quand je suis arrivé ici, il n’y avait rien», ajoute Ève Kelly.

Au début de la session d’automne 2017, ils ont alors pris l’initiative de rencontrer Marc Hébert, responsable des services administratifs de l’UMCS. Il leur a conseillé d’en parler avec la Commission de services régionaux de la Péninsule acadienne, qui gère le programme de collecte de déchets dans la région.

Pour l’instant, il s’agit seulement d’un projet-pilote, mais l’objectif est d’éventuellement offrir le recyclage à l’intérieur de l’université comme telle.

«L’idée au départ n’était pas de faire ça dans les résidences nécessairement, mais dans l’université en général. On a vu qu’il y avait beaucoup d’étapes à franchir, alors on s’est dit qu’on allait faire une chose à la fois», dit l’étudiante âgée de 19 ans.

Une demande constante depuis 2014

Cédric Landry, responsable des communications à la Commission de services régionaux de la Péninsule acadienne, est persuadé que le projet-pilote sera une réussite.

«Les jeunes d’aujourd’hui sont plus sensibilisés aux questions environnementales», constate-t-il.

En réalité, la demande pour le recyclage commercial et institutionnel dans la Péninsule est constante depuis au moins 2014, explique Cédric Landry, mais à ce moment, le centre de tri de Tracadie n’était pas en mesure de recevoir des déchets supplémentaires.

Depuis 2016, il est possible de déposer des matières recyclables supplémentaires au centre de tri au coût de 54$ la tonne.

Le plus grand obstacle à la mise en place du recyclage institutionnel et commercial demeure l’absence d’une entreprise en récupération prête à faire le travail.
«Le problème, c’est qu’on parle de contrats privés. C’est l’entreprise qui doit facturer directement ses clients pour ce service.»

Selon Cédric Landry, le recyclage institutionnel et commercial verra éventuellement le jour, mais il est difficile d’établir une date précise. Malgré tout, la situation s’avère prometteuse.
En plus du projet l’UMCS, des pourparlers sont présentement en cours avec les écoles du District scolaire francophone nord-est.

«On est en train de planter des graines ici et là.»