Des travailleurs saisonniers manifestent contre le «trou noir»

Les travailleurs saisonniers de la Péninsule acadienne et du comté de Kent se montrent solidaires avec les chômeurs du Québec. Lundi matin, des manifestations ont eu lieu dans une dizaine de bureaux de Service Canada au Nouveau-Brunswick et au Québec pour demander au gouvernement fédéral de mettre en place des mesures d’urgence pour atténuer l’impact du trou noir de l’assurance-emploi.

La journée d’action a été organisée par le groupe québécois, Action chômage Côte-Nord. Au Nouveau-Brunswick, des démarches ont été menées à Tracadie, Caraquet, Shippagan, Miramichi et à Richibucto.

À chaque endroit, l’objectif était d’envoyer par télécopieur une lettre au bureau du premier ministre Justin Trudeau et à celui de Jean-Yves Duclos, ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social.

La participation a varié d’un endroit à l’autre. Par exemple, à Caraquet, ils étaient près de 50, alors qu’à Tracadie, un peu plus de 200 personnes ont participé à la manifestation.

Si l’objectif était de surprendre les employés de Service Canada en occupant subitement et pacifiquement les bureaux à compter de 11h, à Tracadie, les choses ne sont pas déroulées tel que prévu. Les portes étaient verrouillées à leur arrivée.

Deux représentants du groupe, Fernand Thibodeau et Alma Breau-Thibodeau, ont tout de même eu l’occasion d’entrer dans le bureau pour envoyer la lettre.

«Ce qu’on veut c’est une réponse à nos questions. Les gens sont tannés. Ils sont frustrés», dit Fernand Thibodeau, porte-parole du Comité d’action de l’assurance-emploi des travailleuses et des travailleurs saisonniers de la Péninsule acadienne.

Depuis plusieurs semaines, les membres du comité tentent de convaincre Ottawa et Fredericton de mettre en place des mesures pour limiter l’impact du trou noir de l’assurance-emploi.

Gilles LePage, ministre provincial du Travail, de l’Emploi et de la Croissance démographique, a fait parvenir une lettre au ministre Jean-Yves Duclos pour réclamer des mesures immédiates pour trouver une solution.

Il y a quelques jours, Wilfred Roussel, député provincial de Shippagan-Lamèque-Miscou, a également pris la parole à l’Assemblée législative à Fredericton pour interpeller le gouvernement fédéral afin de le «sensibiliser au drame qui se prépare et qui a déjà commencé pour de nombreux citoyens.»

«On remercie M. Roussel, mais on veut que M. Trudeau et M. Duclos écoutent vraiment le besoin des gens par ici. Ça fait depuis septembre que ça perdure. Je peux vous dire qu’il y a des gens dans le trou noir et ce n’est pas une situation facile. L’impact commence à se ressentir financièrement.»

Tout cela permet à Fernand Thibodeau de croire que le mouvement prend de l’ampleur.

«Le mouvement est en train de grandir et il est temps que le gouvernement nous écoute.»

L’homme de Brantville était récemment à Baie-Sainte-Anne pour rencontrer des travailleurs qui souhaitent prendre des mesures dans leur région de la province. Des gens comptent maintenant organiser une manifestation à Richibucto le 21 février.

De son côté, le Comité d’action de l’assurance-emploi des travailleuses et des travailleurs saisonniers de la Péninsule acadienne compte organiser une manifestation «majeure» le 18 février à 13h devant le bureau de Serge Cormier, député fédéral d’Acadie-Bathurst.