Accident de travail mortel à Caraquet: l’entreprise plaide non coupable

Il y aura un procès pour déterminer les causes exactes et les responsabilités de chacun dans le cadre de l’accident de travail mortel survenu le 14 mai 2016, dans le port de Caraquet. Celui-ci est programmé les 19 et 20 juillet.

Pendant ces deux jours, l’entreprise D-Canaco Trading tentera de démontrer qu’elle n’a rien à se reprocher. Présente-ment, elle est poursuivie pour ne pas avoir respecté les règles de la Loi sur l’hygiène et la sécurité au travail.

La direction s’en défend. Mardi matin, au tribunal de Caraquet, le responsable de l’entreprise a enregistré un plaidoyer de non-culpabilité.

L’accident de 2016 avait fait un mort et trois blessés. Il s’était produit en matinée, au moment du déchargement d’un camion rempli de glace qui devait être transvidée dans un crevettier amarré.

Une personne s’était retrouvée projetée à l’eau. Elle avait été sauvée et ramenée sur le quai in extremis. Le chauffeur du camion, Gérald Doiron, avait eu moins de chance. Enseveli sous la glace, il n’avait pas pu être ranimé après avoir été dégagé.

La victime n’était pas employée par D-Canaco Trading, contrairement aux travailleurs blessés. La perspective du procès soulage l’entourage de Gérald Doiron.

«On espère connaître la vérité, savoir ce qui s’est exactement passé», réclame Huriel Doiron, le père.

«On a besoin de savoir qui est responsable et que le responsable reconnaisse sa responsabilité. Cette mort nous hantera toute notre vie. Elle a détruit quelque chose dans notre famille. On a le droit d’avoir les réponses à nos questions. On en a besoin pour faire notre deuil. Ça va faire deux ans qu’on attend ça», ajoute Johanne Doiron, la sœur.

Tous deux en sont persuadés, le drame aurait pu être évité.

«J’ai vu le rapport d’autopsie. Mon garçon n’avait aucun os de cassé. Aucun organe n’a été touché. Il est mort étouffé parce qu’il est resté une heure et demie sous la glace. Il aurait dû y avoir un contremaître près de mon garçon au moment où c’est arrivé. Si ç’avait été le cas, il serait encore avec nous. C’était mon seul garçon», témoigne Huriel Doiron.

«Dans les entreprises, les employés ne sont que des numéros. Gérald était un humain. Pour nous, c’était avant tout un fils, un frère, un proche», précise Johanne Doiron.

Le père et la fille ont assisté à la comparution de mardi matin. Ils seront présents au palais de justice, en juillet.

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