Le chef conservateur courtise l’électorat francophone

Le chef du Parti progressiste-conservateur, Blaine Higgs, déploie des efforts pour gagner des appuis auprès de la population francophone. Lors d’une visite à Shippagan, mardi, en fin de matinée, le député de Quispamsis a prononcé un discours entièrement en français pour la première fois de sa carrière.

Blaine Higgs était dans la Péninsule acadienne dans le cadre de sa tournée «Mieux ensemble», qui comprend des arrêts dans les 49 circonscriptions de la province. Son passage à Shippagan a été l’une de ses premières en région francophone.

Lorsqu’il a été élu chef, en 2016, M. Higgs s’est engagé à apprendre le français à temps pour la prochaine élection provinciale en 2018. Il y a un an, l’homme politique a entamé ses leçons à l’aide d’un logiciel et il a passé une semaine en immersion à Québec avec son épouse Marcia, qui apprend aussi le français.

Il continue de pratiquer régulièrement, dit-il.Bien que sa maîtrise est loin d’être parfaite, ses efforts portent leurs fruits.

«On m’a fait le compliment que mon français était aussi bon que celui à Richard Hatfield. Du moins, je pense que c’était un compliment», a-t-il lancé à la blague.

Au cours de sa carrière politique, Richard Hatfield, ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick de 1970 à 1987, a poursuivi plusieurs initiatives visant à répondre aux revendications des francophones de la province.

Durant son discours d’une durée d’environ 10 minutes, Blaine Higgs s’est déclaré fier du bilinguisme au Nouveau-Brunswick. Il croit que les différentes communautés auraient intérêt en apprendre davantage l’une de l’autre.

«À Noël, mon épouse et moi sommes allés au Pays de la Sagouine pour voir un spectacle. Je me souviens d’avoir demandé à ma femme pourquoi les anglophones du Nouveau-Brunswick ne connaissent pas le Pays de la Sagouine ni le Village Historique Acadien. Selon moi, nos cultures sont plus fortes lorsqu’elles sont enracinées dans des communautés fortes et en croissance.»

Malgré ses efforts, le chef progressiste-conservateur ne se sent pas encore suffisamment à l’aise pour répondre aux questions des médias en français.

Au cours des dernières années, les antécédents de M. Higgs vis-à-vis les questions linguistiques ont fait l’objet de certaines critiques au sein de la communauté francophone. À la fin des années 1980, il s’est lancé dans la course à la direction du parti New Brunswick Confederation of Regions, une formation reconnue pour ses positions anti-bilinguisme.

Il assure que sa démarche d’apprentissage est sérieuse.

«Si je souhaite être le premier ministre de la province, je dois démontrer que mon intérêt dans la culture est réel et que mon intérêt du Nouveau-Brunswick dans son ensemble est réel.»