Deux ans de prison pour une danseuse du Angie’s

Une femme de Dieppe, Leandra Beaulieu, passera deux années derrière les barreaux pour avoir happé quatre piétons avec un véhicule et avoir fui la scène. Le crime s’est produit à la suite d’une bagarre au bar de danseuses Angie’s.

Le juge de la cour provinciale Paul E. Duffie a entendu mardi les détails entourant le délit de fuite survenu dans la nuit du 20 au 21 décembre 2016.

La mésaventure a commencé quand une altercation a éclaté entre deux groupes d’hommes à l’intérieur du bar de danseuses, a fait savoir le procureur de la Couronne Rémi Allard. La dispute a dégénéré et les videurs ont expulsé six individus.

Une fois à l’extérieur, les éventuelles victimes, Philippe Bouchard, Alexandre Dubois, Adam Mattie et Simon Poirier, ont commencé à marcher vers le centre-ville de Moncton. Les deux autres, Chase St-Pierre et Mitchel LeBlanc, les ont suivis. La bagarre a repris près de la pharmacie Jean Coutu de la rue Champlain.

Vers 1h40, Leandra Beaulieu, une danseuse et amie d’enfance de Chase St Pierre, a pris le volant d’une fourgonnette, un Dodge Journey 2009, avec un autre client, Shawn MacInnis. Ils se sont stationnés près des six hommes. M. MacInnis a calmé le jeu et convaincu MM. St-Pierre et LeBlanc d’embarquer dans le véhicule.

Les quatre autres hommes ont repris leur marche vers le centre-ville de Moncton. C’est alors que Mme Beaulieu a enfoncé l’accélérateur, conduit son véhicule sur le trottoir et heurté les quatre piétons.

«Les passagers à l’intérieur du véhicule ont décrit une scène chaotique. Même s’ils étaient intoxiqués, ils se souviennent des quatre personnes entrant en contact avec les pare-chocs. Ils se souviennent des bruits des corps qui volaient au-dessus du véhicule», a affirmé mardi Me Allard.

Deux des victimes étaient inconscientes au moment où les premiers répondants sont arrivés sur les lieux. Les quatre hommes ont été transportés à l’hôpital. L’un d’eux a subi une commotion cérébrale. Un deuxième a dû recevoir des points de suture. Les deux autres ont seulement souffert de blessures mineures.

La fourgonnette ne s’est pas arrêtée. Mme Beaulieu a poursuivi sa route jusqu’à sa résidence, à Dieppe.

Il y a deux semaines, Mme Beaulieu – une mère de quatre enfants – a plaidé coupable à une accusation de conduite dangereuse causant des lésions corporelles. Elle a aussi admis que le 21 décembre 2016, elle a omis de s’arrêter afin de donner son nom et son adresse dans l’intention d’échapper à toute responsabilité civile ou criminelle. Les deux accusations sont passibles d’une peine maximale de 10 ans d’emprisonnement.

Mme Beaulieu faisait face à une troisième accusation, soit de voies de fait grave. L’accusation, passible d’une peine maximale de 14 années derrière les barreaux, a cependant été retirée pendant l’audience de détermination de la peine.

Me Allard et l’avocat de la défense ont soumis une recommandation conjointe de deux ans d’emprisonnement.

Mme Beaulieu était visiblement affligée pendant l’audience. Quand le juge lui a demandé si elle souhaitait faire des remarques, elle a seulement réussi à dire «I’m so sorry for what happened» (je suis tellement désolée pour ce qui s’est produit), avant de s’effondrer en larmes à nouveau.

En plus des deux ans d’emprisonnement, le juge a imposé une interdiction de conduire de deux ans et une interdiction de posséder des armes à feu de dix ans.