La Caisse populaire de Shippagan intente une poursuite de 69,5 millions$

Quatorze ans après avoir frôlé la faillite, la Caisse populaire de Shippagan cherche maintenant à obtenir 69,5 millions$ auprès de ses anciens vérificateurs qui, selon elle, auraient fait preuve de négligence.

Selon nos informations, les firmes Grant Thornton, Bourque-Haché-Duguay et Duguay-Gagnon, qui ont toutes fait affaire avec la caisse de 1996 à 2003, sont visées par la poursuite. Elles sont accusées de ne pas avoir présenté au conseil d’administration de l’établissement un portrait fiable des états financiers.

La situation s’est dégradée lorsque la Caisse populaire de Shippagan a été placée sous la tutelle de l’Office de stabilisation des Credit Unions en 2004. L’institution a frôlé la faillite en raison de la faiblesse de son portefeuille de prêts commerciaux et d’une gymnastique comptable douteuse.

Un rapport accablant du vérificateur général du Nouveau-Brunswick a révélé des méthodes de comptabilité douteuses et des irrégularités dans les prêts et investissements. Le dossier a ensuite été remis à la GRC, mais personne n’a jamais été accusé.

Le montant de 69,5 millions$ réclamé correspond à la somme qu’aurait perdue la Caisse avec des prêts non solvables.

Selon la poursuite, la négligence des vérificateurs comptables a contribué à la dégradation de la situation financière de l’établissement. L’institution financière a seulement pu éviter la faillite lorsque le gouvernement libéral de Shawn Graham s’est résolu à accorder une subvention non remboursable de 28 millions$, en plus d’un prêt remboursable de 10 millions$ en 2007.

Au total, cette affaire a coûté près de 41 millions$ aux contribuables de la province.

Un long procès de 14 semaines débutera en janvier 2019. Les avocats de la poursuite ont déjà plus de 50 000 dossiers pour faire valoir leur position.

Si la caisse obtient gain de cause, elle ne touchera qu’une partie des 69,5 millions$ puisque la part du lion retournera dans les coffres de la province.

La Caisse populaire de Shippagan s’est affranchie de sa tutelle en 2012 et aujourd’hui, elle fait partie du réseau d’UNI Coopération financière.

Un porte-parole d’UNI s’est abstenu de commenter la nouvelle en raison d’une entente de confidentialité.