Inondations: Moncton s’inquiète des changements climatiques

La Ville de Moncton veut trouver des solutions pour prévenir les crues de la rivière Petitcodiac qui fragilisent certains quartiers de la ville. Avec l’urbanisation croissante et le changement climatique, celles-ci pourraient être de plus en plus fréquentes.

La Ville de Moncton vient de recevoir les financements nécessaires pour mener une étude pour s’attaquer au problème récurrent des inondations.

Le coût de cette démarche, qui s’élève à 31 000$, sera pris en charge à 80% par la Fédération canadienne des municipalités. Moncton financera le projet à hauteur de 20%.

L’étude, qui débutera dans les prochaines semaines, a pour but d’examiner des solutions pour répondre aux problèmes des crues de la rivière Petitcodiac, qui touchent particulièrement deux quartiers, à l’est de la ville et aux alentours du chemin Lewisville.

Ces deux quartiers sont particulièrement vulnérables du fait de leur élévation, inférieure au niveau de la Petitcodiac. Leur situation inquiète d’autant plus que le problème posé par les inondations ne semble pas prêt de se résoudre.

«On a des problèmes aujourd’hui, mais avec le changement climatique, les plus fortes précipitations et la hausse du niveau de la mer, il y aura définitivement plus d’impacts dans le futur», explique Élaine Aucoin, des Services environnementaux et Services d’alimentation en eau à la Ville.

En cas de marée haute et de fortes précipitations, la Petitcodiac est presque constamment au bord du débordement.

«En cas de fortes pluies et quand la marée est haute, le niveau de la Petitcodiac n’est pas loin de celui des quartiers vulnérables», note en effet Élaine Aucoin.

Des crues aggravées

Avec l’augmentation du niveau des océans et l’augmentation de précipitations qui accompagnent les changements climatiques, la situation ne semble pas prête de s’améliorer.

«Dans les différents scénarios de changements climatiques, on s‘attend pour la majorité de l’hémisphère nord à avoir une augmentation des précipitations de l’ordre d’environ 10%», explique le professeur de géographie et spécialiste des changements climatiques à l’Université de Moncton, Guillaume Fortin.

«Ce qui est attendu, ce sont plus de précipitations sous forme liquide plutôt que solide pendant l’hiver», affirme

Pour le professeur, ces évènements météorologiques qui modifient le régime hydrologique de la région, combinés à l’urbanisation grandissante, engendrent des crues plus fréquentes et importantes.

«Les routes et les infrastructures imperméabilisent les surfaces. Quand on est face à un évènement météorologique, même normal, les précipitations vont ruisseler plutôt que de s’infiltrer et se rendre plus rapidement dans le cours d’eau. Le pic de crue va être atteint plus rapidement».

Pour faire face à ce risque accru, la Ville de Moncton a déjà par le passé mis à jour la réglementation concernant les permis de construction. Aujourd’hui, toutes les nouvelles habitations doivent respecter un seuil d’élévation minimal pour prévenir les inondations en cas de crue.

Les normes de construction en vigueur prennent en compte le niveau que la Petitcodiac pourrait atteindre en cas de crue centennale à l’an 2100, scénario particulièrement extrême. Selon les estimations, la rivière pourrait atteindre 10,5 mètres de hauteur si cette crue venait à se produire.

L’étude commandée par la Ville de Moncton, qui s’axera principalement sur les problématiques de deux quartiers les plus vulnérables, aura pour objectif de déterminer des solutions pour protéger au mieux les résidences et infrastructures déjà construites qui ne respectent pas ces normes d’urbanisme.

Le rapport, qui sera terminé à la fin de l’été, pourra par exemple proposer l’adaptation d’infrastructures existantes. Il visera notamment à déterminer si les digues construites il y a plusieurs siècles sur le bord de la rivière sont toujours assez efficaces pour contenir les crues, ou si elles ne sont plus suffisantes.