L’épicerie en ligne gagne en popularité au Nouveau-Brunswick

Face à la compétition de plus en plus féroce d’Amazon et de Walmart, les épiciers canadiens solidifient leur présence en ligne. Plusieurs supermarchés du Nouveau-Brunswick permettent maintenant à leurs clients de faire leur épicerie sur le web.

Les clients d’Atlantic Superstore peuvent, depuis décembre à Halifax et à Moncton, faire leur liste d’épicerie en ligne. Au magasin de leur choix, un «expert en épicerie» choisira les items demandés par le client. Ce dernier peut ensuite choisir de ramasser ses emplettes au moment qui lui est le plus opportun.

Ce nouveau service a connu un succès instantané.

«Spécialement à Moncton et à Halifax, durant la période de Noël, nous avons dû embaucher plus d’experts en épicerie pour répondre à la demande. Le programme a surpassé nos attentes», a lancé Marc Boudreau, directeur des communications pour Loblaw en Atlantique, l’entreprise mère d’Atlantic Superstore.

Les dirigeants de Loblaw sont si satisfaits des résultats du service d’achat en ligne qu’ils ont décidé d’accélérer son intégration dans leurs 20 Superstore au Nouveau-Brunswick. Depuis mercredi, il est offert à Tracadie, à Bathurst, et à Edmundston. D’autres magasins s’ajouteront à la liste d’ici la fin du mois.

«On ne peut pas communiquer des données exactes sur la performance du programme, mais je peux vous dire que nous en sommes très ravis. C’est pourquoi nous étendons le service à d’autres magasins. Nous avons aussi décidé que l’ensemble de nos magasins offriront le service d’ici six mois», a souligné M. Boudreau.

Sobey’s n’offre pas encore le même genre de service au Nouveau-Brunswick. Cependant la bannière IGA de l’entreprise, à Edmundston et à Caraquet, permet à ses clients de faire leurs emplettes en lignes et de ramasser leurs sacs plus tard.

Dans certains marchés, Walmart prodigue le même service. Ce n’est pas encore le cas au Nouveau-Brunswick. Comme pour Amazon, les gens peuvent toutefois y commander des produits non périssables, du café par exemple.

Dans une récente entrevue avec l’Acadie Nouvelle, l’ancien directeur principal de la stratégie numérique d’IGA, Alain Dumas, précisait que les commandes de nourriture en ligne étaient encore marginales, mais qu’elles augmentent de 20 à 35% par année.

Loblaw n’entrevoit pas encore de proposer un service de livraison en Atlantique, comme c’est le cas à Toronto. Sans dévoiler de chiffres, l’entreprise avance que les gens ne veulent pas rester à la maison pour attendre les produits commandés.

«D’après nos recherches, pour l’instant, les gens veulent faire leur épicerie en ligne, mais ils ne veulent pas rester assis à la maison pour l’attendre, comme un colis. Ils veulent la ramasser à un temps qui est convenable pour eux», a précisé M. Boudreau.

L’épicier a été surpris par la diversité de gens qui utilisent le nouveau service. Autant les hommes que les femmes en profitent.

«Nous avons aussi beaucoup de gens qui travaillent avec les aînés. J’ai parlé à une femme mardi qui travaille dans un édifice avec six personnes âgées. Auparavant, elle faisait les listes d’épicerie et allait au magasin. Ça pouvait lui prendre quatre à cinq heures. Maintenant, elle peut s’asseoir avec eux à l’ordinateur, faire la liste et en une heure, elle peut ramasser le tout. Ce qui lui prenait une demi-journée lui prend aujourd’hui une heure ou deux.»

Loblaw a lancé son premier service d’épicerie en ligne à Toronto en 2014 et l’a ensuite étendu à plusieurs autres magasins au Canada. Plus de 200 établissements proposent maintenant le service.

Sobey’s prépare une offensive

Sobey’s a récemment signé une entente avec Ocado Group, une entreprise qui sera chargée d’offrir son service d’épicerie en ligne.

D’ici deux ans, Sobey’s compte ouvrir son premier entrepôt à Toronto et un service de livraison sera établi.

En plus de l’aménagement de ce centre, Sobeys et Ocado envisagent d’en construire d’autres dans des régions urbaines du Canada.