EXCLUSIF – Une femme poursuit l’Hôpital de Tracadie-Sheila pour négligence

Une résidente de la Péninsule acadienne a déposé une poursuite pour négligence en alléguant qu’on lui a administré un médicament auquel elle est allergique à l’Hôpital de Tracadie-Sheila. Elle soutient qu’elle a des séquelles importantes depuis les événements.

La poursuite a été déposée le 30 janvier à la Cour du Banc de la Reine de Bathurst par son avocate, Me Nathalie Chiasson, du cabinet Nathalie Chiasson à Shippagan, spécialisé entre autres en cas de négligences médicales.

Une employée a indiqué à l’Acadie Nouvelle jeudi que l’avocate est absente jusqu’en mars.

Dans l’exposé de la demande déposé le 2 février, on écrit que la demanderesse, Nathalie Chiasson (qui porte le même nom que son avocate), «nécessite de l’aide à domicile pour ses soins personnels, la préparation de ses repas et pour l’entretien ménager, en raison des séquelles découlant du choc anaphylactique sévère et d’un arrêt cardiaque provoqué par la prise de ceftriaxone».

On ajoute qu’elle a suivi et devra continuer à suivre de la thérapie de réhabilitation ainsi que d’autres traitements médicaux.

Les événements en question seraient survenus le 30 janvier 2016, lorsque Nathalie Chiasson aurait été transportée en ambulance à l’urgence de l’Hôpital de Tracadie-Sheila.

Au triage, Mme Chiasson aurait mentionné à deux infirmières qu’elle est allergique à la morphine, au démérol, au ceftin, au riacin et à la tétracycline, et que ces informations auraient été consignées à son dossier sur le formulaire de triage.

Dans le document, il est allégué que ce n’était pas la première visite de Mme Chiasson à l’hôpital et que l’information était déjà dans son dossier.

Mais plus tard en soirée, un médecin aurait signé une feuille d’ordonnance pour qu’on administre à la patiente du ceftriaxone, ce qu’une infirmière aurait fait.

«La demanderesse était allergique au ceftin et donc au ceftriaxone également, puisque ces deux médicaments sont de la même famille et contiennent l’antibiotique cephalosporin», ce que les spécialistes de la santé auraient dû savoir, soutient-on dans l’exposé de la demande.

Peu de temps après, la patiente aurait eu du mal à respirer et aurait perdu conscience.

Un autre médecin aurait tenté de l’intuber à deux reprises et un massage cardiaque aurait été pratiqué.

La femme aurait ensuite été transférée d’urgence à l’Hôpital régional Chaleur de Bathurst, où elle aurait été hospitalisée pendant près d’un mois.

Plusieurs dommages

Dans la poursuite, deux médecins, trois infirmières et le Réseau de santé Vitalité, qui est responsable des services livrés à l’Hôpital de Tracadie-Sheila, sont accusés de négligence.

En raison des événements, Nathalie Chiasson aurait eu une perte de capacité de travail, une perte de capacité de gains futurs, aurait eu des pertes de revenu ainsi qu’une perte de jouissance de la vie.

La poursuite réclame des dommages-intérêts généraux et spéciaux pour un montant inconnu.

Un porte-parole du Réseau de santé Vitalité a indiqué à l’Acadie Nouvelle ne pas pouvoir commenter les dossiers qui suivent un processus judiciaire.