Une entreprise de Shippagan s’attaque au problème d’érosion

Les communautés côtières du Nouveau-Brunswick ne sont pas à l’abri de l’érosion. Une nouvelle entreprise de Shippagan compte bientôt offrir une solution aux propriétaires qui souhaitent préserver leur terrain au bord de l’eau.

Au cours des prochains mois, Innovcomposites, situé dans le parc industriel, entend commencer à fabriquer des murs de rétention en matériaux composites, explique Bernard Morin, PDG de la nouvelle entreprise.

Les matériaux composites sont un assemblage d’au moins deux composants (fibre de verre ou autres, plastiques et métaux). Le nouveau matériel possède ainsi des propriétés comme la rigidité et la légèreté qu’il n’aurait pas à lui tout seul.

Selon Bernard Morin, les murs de rétention fabriqués à Shippagan seront rigides, durables et faciles d’entretien.

«Si quelqu’un veut protéger son terrain au bord de l’eau, il n’y a pas beaucoup de solutions. Il y a l’enrochement, mais il faut une grosse membrane en géotextile, ensuite il faut placer quelques tonnes de roche. Notre produit ne sera pas nécessairement moins cher, mais selon moi, il sera plus esthétique et plus facile d’entretien. Avec l’enrochement, après un certain temps, il peut y avoir un effondrement et ainsi de suite.»

L’érosion est une source de préoccupation importante dans plusieurs communautés côtières. Des projections récentes de l’Institut de recherche sur les zones côtières indiquent que le niveau relatif de la mer dans la Péninsule acadienne pourrait connaître une augmentation de 70 cm d’ici 2100.

«Quand on reste près de la mer, comme c’est le cas ici à Shippagan, il faut se préoccuper. Les projections pour les prochaines années ne sont pas roses. À un moment, il faudra décider si on se retire d’une zone ou si on s’organise pour construire des infrastructures qui vont rester en place le plus longtemps possible. On offre une solution à quelqu’un qui veut protéger son terrain au bord de l’eau le plus longtemps possible.»

Nouveaux emplois

Ce projet devrait créer 10 nouveaux emplois cette année. Le recrutement pourrait commencer en avril.

«On vise trois quarts de travail, 5 jours par semaine. C’est un produit qui se fait en continu.»

Le potentiel ne se limite pas seulement à la fabrication de murs de rétention. D’autres projets pouvant mener à la création d’autres emplois sont en cours de développement.

Innovcomposites travaille de près avec un consultant qui pourrait lui permettre de dénicher des contrats dans le secteur de l’aérospatiale et de la défense

«On a eu une demande d’un fournisseur d’Airbus pour fabriquer un tuyau en fibre de carbone pour le secteur de l’aviation. S’il s’avère que notre produit est compétitif et répond aux normes d’Airbus, ça pourrait nous ouvrir une grande porte.»

Des possibilités s’ouvrent aussi dans le secteur de l’énergie hydrolienne. L’été dernier, une équipe de Thermopak (une autre entreprise détenue par Bernard Morin) a travaillé de près avec OpenHydro, une entreprise de la Nouvelle-Écosse qui possède des turbines sous marines dans la baie de Fundy.

«On a eu un contrat pour faire de la maintenance. Ç’a bien été. Ils veulent nous ravoir pour d’autres projets. Nous avons reçu une proposition pour réduire le poids de la turbine en utilisant des matériaux composites.»