Agressions sexuelles: David Murphy risque deux ans de détention

David Murphy risque la prison: jusqu’à deux ans de détention si la juge suit les recommandations de l’avocat de la Couronne, entre six et huit mois si elle accède à la demande de la défense. L’homme de 66 ans, poursuivi pour agressions sexuelles sur mineure, nie toujours les faits.

«Tout ça, c’est que des mensonges. Je n’ai jamais touché cette enfant», a-t-il déclaré, mardi après-midi, à sa sortie du tribunal de Caraquet.

Début décembre, le sexagénaire a été reconnu coupable par la cour provinciale de Caraquet – il était accusé d’avoir commis deux agressions sexuelles en 2003 et en 2007.

Lors de l’audience de mardi, les avocats de la Couronne et de la défense ont présenté leurs arguments avant que la juge Johanne-Marguerite Landry ne prononce sa sentence. Dans sa plaidoirie, Me P.J. Veniot a mis en exergue le préjudice que ces agressions ont eu sur la victime, Roxanne Roy.

«Ça me hante encore. Ça nuit à mes relations personnelles. Je fais beaucoup de cauchemars et ça agit sur ma santé mentale», a-t-elle détaillé aux journalistes présents au tribunal.

Selon le procureur, les conséquences sont d’autant plus graves que David Murphy était un proche de Roxanne Roy.

«C’était quelqu’un en qui elle avait confiance.»

Me Veniot a demandé à ce que l’ADN du mis en cause soit prélevée et qu’il soit inscrit au fichier des délinquants sexuels. De son côté, Me Serge Robichaud a défendu son client en soulignant que depuis longtemps, il souffre de troubles de la personnalité et de dépressions chroniques.

«Il est suivi par des travailleurs sociaux et prend des médicaments.»

Me Robichaud a également indiqué que David Murphy n’a aucune condamnation à son casier judiciaire, un critère qui, d’après l’avocat, doit être pris en compte.

Roxanne Roy avait 6 et 10 ans lorsqu’elle a été abusée. Se retrouver face à celui qui cause tous ses tourments n’est pas facile pour elle.

«Chaque fois que je le vois, ça fait naître en moi des émotions. Il faut que je me concentre pour rester zen et naturelle.»

Elle se déclare satisfaite des recommandations de l’avocat de la Couronne.

«C’est raisonnable», estime-t-elle.

La juge Landry rendra sa décision le 15 mars en après-midi. Roxanne Roy a hâte d’y être.

«Quel que soit le verdict, ce sera pour moi un grand soulagement. J’espère qu’après ça, je pourrai enfin tourner la page et passer à autre chose.»

Cet épilogue judiciaire programmé le mois prochain mettra fin à une procédure de 10 ans. Un long parcours qui a parfois découragé la plaignante. Néanmoins, elle ne regrette rien.

«Se battre, ça en vaut la peine. On ne peut pas se laisser faire.»