Les dépanneurs ne pourront plus vendre certains médicaments

L’Ordre des pharmaciens a rappelé à l’ordre certains dépanneurs du Nouveau-Brunswick qui proposaient à la vente des médicaments à accès restreint. Ceux-ci se fournissaient auprès d’un grossiste non enregistré.

Benadryl, Gravol, NyQuil ou encore certains dosages d’Advil, certains antihistaminiques et autres remèdes contre les rhumes et les nausées ne seront bientôt plus disponibles à la vente dans les dépanneurs et stations-service de la province.

L’Ordre des pharmaciens du Nouveau-Brunswick a en effet envoyé une mise en demeure à quelques propriétaires de dépanneurs, les sommant de retirer de la vente certains médicaments en accès restreint, censé n’être disponible qu’en pharmacie.

Selon l’Ordre des pharmaciens, la prise de ce type de médicaments n’est pas anodine et peut comporter des risques, en cas de mauvaise association avec d‘autres prescriptions ou de mauvais dosages.

«Les médicaments peuvent aider, mais ils peuvent également nuire lorsqu’utilisés par des gens affligés de certaines conditions médicales, ou si l’on ne respecte pas la posologie», a rappelé l’Ordre par voie de communiqué.

Le propriétaire du dépanneur de Sainte-Anne-de-Kent, Louis LeBlanc, a du mal à comprendre cette décision.

«Si tu es allergique aux abeilles, que tu te fais piquer, que les pharmacies sont fermées et que tu ne peux pas aller à ton petit dépanneur en trouver, à un moment donné il va y avoir une urgence et il sera trop tard.»

Pour le commerçant, non seulement proposer des médicaments à la vente dans les dépanneurs permettrait de répondre à des situations d’urgence, mais ne présenterait pas particulièrement de danger.

«J’ai quand même le contrôle des médicaments, ils sont derrière mon comptoir, alors que les mêmes médicaments à la pharmacie sont sur l’étagère. Quand on va à la pharmacie pour acheter quelque chose sur l’étagère, on ne va pas aller voir le pharmacien, on va juste le payer et l’emporter», déclare-t-il.

Pour Sam Lanctin, registraire de l’Ordre des pharmaciens, il s’agit de «trouver le juste équilibre entre la responsabilité d’assurer la sécurité et la protection des Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises et la disponibilité appropriée des médicaments.

M. LeBlanc, ainsi que de nombreux autres dépanneurs, se fournissait auprès du grossiste Aiton Drugs Company, non enregistré auprès de l’Ordre des pharmaciens du Nouveau-Brunswick.

Le propriétaire Charles Pooley, aux affaires depuis près de 47 ans,vendait régulièrement les médicaments à accès restreint à environ 250 dépanneurs.

Toutefois, celui-ci affirme qu’il n’était pas au courant de l’interdiction. «Pour la plupart des médicaments, je ne savais pas qu’ils étaient interdits. Pour certains autres, on était dans une zone grise, qui n’était pas bien définie.»

Pour le grossiste, l’interdiction peut porter préjudice aux personnes qui ne vivent pas à proximité d’une pharmacie. «Il y a certains endroits où il n’y a pas de pharmacie autour pour 30 ou 40 miles», commente-t-il.

Pour autant, M. Pooley souhaite suivre les consignes à la lettre. Le propriétaire a reçu une lettre de la part de l’Ordre des pharmaciens, lui demandant d’arrêter la vente des médicaments et de rappeler ceux vendus aux dépanneurs, ce qu’il affirme avoir fait.

Aujourd’hui, conformément aux Annexes nationales des médicaments, 82 médicaments peuvent être vendus en toute sécurité dans les dépanneurs, y compris Advil proposé dans des dosages différents et d’autres médicaments contre la toux et le rhume.