Un appel commun lancé pour l’équité salariale dans le secteur privé

À deux jours de la Journée internationale des femmes, une quinzaine d’associations, d’organismes et de syndicats de la province ont uni leur voix pour exiger du prochain gouvernement l’adoption d’une loi sur l’équité salariale dans le secteur privé.

Pour la Coalition pour l’équité salariale du Nouveau-Brunswick, exiger un même salaire pour un travail de valeur égale, que l’emploi soit à prédominance féminine ou masculine, est un combat de longue date et il n’est pas question d’arrêter.

 

Alors que la Journée internationale des femmes approche, et dans l’optique des élections provinciales à l’automne, la Coalition et une quinzaine d’organismes de la province ont invité ensemble le prochain gouvernement à légiférer pour garantir l’équité salariale dans le secteur privé.

Bien qu’une loi oblige l’équité salariale dans la fonction publique, dans les secteurs de l’éducation, de la santé, et pour les sociétés de la Couronne depuis 2009, aucune réglementation ne régit la question concernant le secteur privé.

«Le temps est venu pour la province d’instaurer l’équité salariale pour tous les travailleurs du secteur privé», a affirmé la présidente du Syndicat des infirmiers et infirmières du Nouveau-Brunswick,  Paula Doucet, dont 96% des membres sont des femmes .

Aujourd’hui, comme le rappelle la présidente de la Coalition pour l’équité salariale, Frances LeBlanc, pour un travail de valeur égale ou équivalente, une femme est rémunérée 91$ alors qu’un homme est rémunéré 100$, soit un écart d’environ 9%.

La présidente de la Coalition pour l’équité salariale, Frances LeBlanc, a rappelé l’importance d’une loi concernant le service privé. – Acadie Nouvelle: Marie Toulgoat.

Une situation à laquelle la Coalition pour l’équité salariale et ses partenaires entendent bien mettre un terme aux prochaines élections.

«Il y a deux partis politiques qui se sont prononcés pour une loi dans le secteur privé (le Nouveau parti démocratique et le Parti vert) et je peux dire qu’il y a certainement une ouverture de la part des libéraux et des progressistes-conservateurs», s’est enthousiasmée Mme LeBlanc.

Si Frances LeBlanc reconnaît que du progrès a été fait, celui-ci reste insuffisant selon la Coalition. Une loi sera nécessaire pour venir à bout de ce «long processus social».

«On peut presque penser au vote qui a été donné aux femmes au début du siècle. Ça semblait être un gros changement social. L’équité salariale, c’est un changement social et ça prend du temps.»

Comme l’a évoqué la présidente de l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick présente à la réunion, Solange Haché, «l’équité salariale est un droit fondamental de la personne, reconnu par plusieurs ententes internationales.»

Le Canada a en effet ratifié en 1972, entre autres traités, la Convention sur l’égalité de rémunération adoptée en 1951 par l’Organisation internationale du travail.

Des progrès restent à faire

Si l’attention a été largement portée sur l’adoption d’une loi dans le secteur privé au cours de la réunion, une marge d’amélioration est toujours possible du côté de la fonction publique, selon le président de la Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM), Tristian Gaudet.

Celui-ci dénonce le fait que les étudiants en travail social, sciences infirmières, nutrition ou en éducation – à 80% de femmes – ne soient pas rémunérés au cours de leur stage obligatoire dans le service public.

Selon Tristian Gaudet, les étudiants qui effectuent un salaire dans le milieu privé auraient au contraire tendance à être rémunérés, bien que des différences persistent toujours selon les genres.

«On voit quand même une différence dans les domaines à prédominance masculine et les domaines à prédominance féminine en termes de rémunération», commente le président de la FÉÉCUM.

La Fédération milite non seulement pour le rétablissement de l’équité salariale dans le domaine des stages, mais plus largement pour la rémunération des étudiants stagiaires ou la mise en place d’aides financières.