58% des nouveaux fermiers sont des femmes

Les jeunes femmes des villes s’intéressent de plus en plus à l’agriculture au Nouveau-Brunswick. L’Union nationale des fermiers du Nouveau-Brunswick demande à Fredericton d’adopter des politiques qui reflètent mieux la nouvelle réalité des fermes de la province.

Éva Rehak a grandi dans la ville, mais dans son coeur, elle a toujours été une «fille de campagne».

Originaire de Mississauga, municipalité de 700 000 habitants en banlieue de Toronto, Mme Rehak a passé plusieurs saisons estivales dans des camps d’été, où elle s’est découvert une passion pour l’aventure et le plein air.

Alors qu’elle était toujours adolescente, elle s’est inscrite à un cours de médecine vétérinaire au Campus d’Alfred de Guelph University. Pendant son séjour à l’établissement situé entre Ottawa et Montréal, elle s’est fait plusieurs amis qui étudiaient en agriculture. Elle a fini par faire le saut en lançant une carrière de fermière.

Il y a 9 ans, elle a lancé la Ferme Alva avec son conjoint, Alain Rousselle. Depuis, le couple cultive une variété de fruits et de légumes à Saint-Maurice, une petite communauté située près de Bouctouche.

«Je ne me verrais pas faire autre chose. Après 9 ans, je ne pourrais pas retourner travailler pour the big man. Je n’ai aucun regret.»

Mme Rehak fait partie d’un nouveau mouvement à contresens du traditionnel exode rural. Plutôt que voir des jeunes grandir sur la ferme avant de déménager en ville, des jeunes quittent les milieux urbains afin de s’installer en campagne.

Une étude menée en 2015 par Julia LaForge de University of Manitoba conclut que 58% des nouveaux fermiers sont des femmes. De plus 68% des nouveaux fermiers au Canada n’ont pas grandi sur une ferme.

La plupart pratiquent la culture à petite échelle, cultivant une variété de fruits et de légumes en plus d’élever certains animaux. Ils créent des relations avec leur communauté en vendant des paniers de produits alimentaires à des clients directement ou en vendant leurs produits à un marché des fermiers.

Mme Rehak connait plusieurs jeunes couples qui exploitent une ferme semblable à la sienne, ainsi que d’autres où la femme cultive la terre et que l’homme travaille en ville ou dans l’Ouest canadien.

«Je vois un mouvement de personnes qui déménagent de la ville à la ferme, mais il y a aussi de plus en plus de personnes qui commencent un petit jardin et qui mettent des produits en conserve ou les sèche. Ils veulent devenir plus autonomes.»

L’activité reprend sur la ferme Alva cette semaine. Mme Rehak et M. Rousselle planteront leurs premiers semis, soit ceux de la famille des Liliacées comme les oignons et les poids.

De nouvelles politiques pour une nouvelle agriculture

L’Union nationale des fermiers du Nouveau-Brunswick (UNF-NB) demande au gouvernement provincial d’adopter de nouvelles politiques qui reflètent mieux «les visages changeants de l’agriculture».

Dimanche, l’organisme tient sa réunion annuelle à Sussex. Elle comprendra un panel composé de représentants de partis politiques, ainsi qu’un panel de femmes active dans le domaine de l’agriculture.

Rébeka Fraser-Chiasson, membre du conseil d’administration de l’UNF-NB, estime que les politiques sur l’agriculture au Nouveau-Brunswick sont mieux adaptées aux grandes fermes qui exportent un grand volume de produits, et moins pour les petites fermes qui visent un marché local.

«Les nouveaux venus en agriculture utilisent un modèle de proximité. Ils nourrissent leur communauté et ils ne sont pas nécessairement intéressés dans la grande croissance et la production en grand volume pour l’exportation.»

Mme Fraser-Chiasson demande par exemple que le gouvernement fasse une meilleure promotion de son logo «Achetez NB» et qu’il choisisse de servir plus aliments locaux dans les établissements publics.