Les étudiants en sciences infirmières ne se laissent pas décourager

Charge de travail importante, manque de personnel, faible salaire: alors que les difficiles conditions de travail du personnel infirmier sont de plus en plus décriées, les étudiants en sciences infirmières gardent à l’esprit la difficulté du métier qui les attend. Ceux-ci ne se laissent pas décourager pour autant.

Alors que la province fait face à une pénurie de personnel infirmier, qui a mené le 24 février à la fermeture d’une partie des urgences de l’hôpital de Moncton pendant plusieurs heures, les difficultés que représente le travail des infirmières sont de plus en plus mises sur le devant de la scène. Charge de travail trop importante pour le personnel présent, surmenage, épuisement professionnel, les difficultés auxquelles doivent faire face les infirmières se multiplient.

À l’Université de Moncton, les étudiants admis en sciences infirmières sont bien conscients de la dureté de la profession qui les attend.

«J’ai peur pour ma santé, d’avoir un burn-out», confie une étudiante en deuxième année de sciences infirmière à l’Université de Moncton, Manon Cormier.

La jeune femme, qui occupe en parallèle de ses études un emploi dans un foyer de soins, a déjà eu l’occasion de se rendre compte de la complexité de la profession.

«Je vois les infirmières au foyer de soin dans lequel je travaille, elles travaillent parfois 24h de suite et il y en a une qui était en pleurs l’autre jour parce qu’elle était épuisée. Au foyer de soin, le budget est vraiment serré (…), on est moins sur le plancher et on a vraiment de la difficulté à accomplir nos tâches.»

Gabrielle Savoie, étudiante en première année de sciences infirmière, est elle aussi soucieuse de la surcharge de travail à laquelle est confronté le personnel infirmier. «Tout de suite, ça ne fait pas de sens, il n’y a pas assez d’infirmières. Si tu es malade, tu ne peux pas prendre un jour de congé. C’est sûr aussi qu’il faut faire de longues heures et que ce n’est pas nécessairement la meilleure paye.»

Si tous les étudiants gardent à l’esprit les conditions de travail qui les attendent en tant que futurs professionnels, pourtant, peu d’entre eux s’inquiètent réellement du métier qui les attend, et tous font primer leur vocation sur leurs craintes.

Malgré la difficile réalité du métier, pour l’étudiante infirmière en deuxième année à l’Université de Moncton, Caroline Melanson, venir en aide aux personnes dans le besoin reste le plus important.

«À la fin de la journée, c’est gratifiant de travailler comme infirmière. Je veux aider les autres, c’est ça que je veux faire.»

Sentiment partagé par Gabrielle Savoie. «C’est une de mes valeurs (…), il faut que je travaille avec les autres, que je puisse les aider. Si les conditions de travail n’étaient vraiment pas bonnes, je le ferais quand même».

Son camarade de première année, Alex Boudreau, acquiesce: «les valeurs dépassent les conditions de travail.»

Aujourd’hui, la pénurie de personnel infirmier à laquelle est confronté le Nouveau-Brunswick s’explique en partie par le vieillissement du personnel soignant, de plus en plus âgé. Comme l’indiquait l’Acadie Nouvelle le 12 février, en 2007, 34% des infirmières et infirmiers étaient âgées de plus de 50 ans. Ils sont 43% aujourd’hui.

En parallèle du vieillissement du personnel, malgré la détermination des étudiants, de moins en moins de jeunes semblent vouloir prendre le chemin des études infirmières. De 2013 à 2017, le nombre d’admissions à ce programme à l’Université de Moncton est passé de 546 à 459.