Une enfant blessée dans un jeu gonflable à Caraquet

Les parents d’une petite fille de six ans blessée dans un jeu gonflable au Carrefour de la mer à Caraquet se demandent si toutes les mesures ont été prises pour éviter qu’il y ait un accident.

Vomissements, bleus sur les jambes et au visage, deux visites à l’hôpital: c’est ce qu’a vécu la petite Audrey Leclair Thibodeau, deux bracelets médicaux et photos à l’appui.

Alors qu’elle jouait dans un jeu de grosses boules grises entourées de grillages le 3 mars en après-midi, la petite fille de six ans et demi est sortie par un des trous sur le côté, qui font partie du jeu, et a chuté sur le plancher de béton à une hauteur d’un peu plus d’un mètre. Elle se serait cogné la tête lourdement.

«Je vais te montrer comment je suis tombée, je suis tombée comme ça, super intense», a décrit la petite fille à l’Acadie Nouvelle.

Sa mère, qui était assise un peu plus loin, l’a vu glisser du trou. «Je l’ai vu sortir et elle se tenait le visage, elle était à quatre pattes, je me suis dit mon Dieu elle s’est fait mal certain», lance Brigitte Thibodeau.

Elle est ensuite allée à l’hôpital de l’Enfant-Jésus de Caraquet avec sa fille.

Elle s’est fait remettre de la documentation sur les traumatismes crâniens, que l’Acadie Nouvelle a consultée, et le médecin lui a dit de la surveiller et de la réveiller aux deux heures. La petite fille aurait vomi plusieurs fois pendant la nuit et le jour suivant. Sa mère l’a ramené à l’hôpital.

«Ils nous ont dit de la surveiller pendant 90 jours, elle a manqué toutes ses journées d’activités», dit la mère. L’Acadie Nouvelle n’a pas pu consulter de rapports médicaux.

Les parents se demandent pourquoi il n’y avait pas de coussins autour de l’installation gonflable et s’il y avait assez de surveillants sur le site, et ils se posent des questions sur leur formation. «À chaque trou, il n’y avait aucun tapis, ils tombent sur le ciment. Ça fait mal, tomber de quatre pieds de haut», insiste Brigitte Thibodeau.

Après l’accident, le père d’Audrey Leclair Thibodeau, Jean-Marc Leclair, est allé voir la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et un avocat.

«L’avocat nous a dit d’attendre de voir ce que les policiers vont faire et ce que la petite va faire, si ça va arrêter ou si ça va empirer», explique-t-il.

Pas l’âge requis pour être dans le jeu

La petite fille n’aurait pas dû se retrouver dans ce jeu, puisqu’il était pour les enfants âgés de 8 ans et plus.

Le président de l’organisme qui a fourni le jeu en location à l’événement, Guy Chiasson, explique que le jeu n’était pas défectueux et que l’enfant est tombée à un endroit où un jeune de huit ans et plus ne tombe pas normalement pas. Les trous font partie du jeu, dit-il.

Des panneaux qui affichent clairement l’âge minimum ou maximum requis pour chacun des jeux ont également été installés devant les jeux.

«Moi, personnellement, si mon enfant avait été dans ce jeu-là, je l’aurais surveillé et je me serais assuré qu’il avait l’âge requis», souligne Guy Chiasson.

L’homme ajoute que c’est la première fois en cinq ans qu’il doit envoyer un rapport à sa compagnie d’assurance concernant un accident et que ses jeux sont sécuritaires.

Pour ce qui est de la surveillance lors de l’activité, c’était l’organisation qui en avait la charge.

Contacté par l’Acadie Nouvelle, Centre-Ville Caraquet, qui a organisé l’activité n’a pas voulu commenter puisque les parents ont pris contact avec un avocat.

Hausse marquée du nombre d’accidents au pays

Les trampolines et les jeux gonflables sont de plus en plus populaires et les blessures sont donc plus fréquentes, constate Santé Canada.

L’organisme a découvert que le nombre de visites à l’hôpital à cause d’accidents a connu une hausse de 62,8 pour 100 000 visites à 87,9 pour 100 000 entre 2011 et 2018.

Les admissions dans les urgences de 18 hôpitaux au Canada ont été analysées et il y a eu un total de 778 signalements pendant cette période. Près de la moitié des personnes blessées sont âgées de 5 à 9 ans.

Selon Santé Canada, la plupart des incidents surviennent lorsque les jeux gonflables sont mal utilisés ou utilisés sans surveillance. L’organisme offre plusieurs conseils de sécurité et recommande notamment de lire et de respecter tous les avertissements des fabricants des jeux.