Briser la barrière de la langue et apprendre un métier

À 60 ans, Anatoly Eremim retourne aux études. La tâche n’est pas facile. Sa langue première est le russe. Il parle à peine l’anglais. Il est l’un des cinq étudiants au programme d’introduction à la construction du CCNB destiné aux immigrants.

«Je suis venu travailler pour une tourbière il y a quelques années et quand mon contrat a été terminé, j’ai déménagé à Dieppe et ensuite à Moncton», a confié l’homme originaire de la Russie.

Au cours du programme d’une durée d’un peu plus de quatre mois, Anatoly et ses collègues, – des Syriens et des Vietnamiens – apprennent l’anglais au CCNB en plus de s’initier à la construction.

«J’aime l’action. J’aime travailler et voir le résultat après», a souligné le sexagénaire.

Tung Li est arrivé du Vietnam en février 2015. À 49 ans, il espère devenir designer.

«J’aime la vie ici. J’aime les gens ici et l’environnement. Nos enfants arrivent à bien s’adapter à la vie ici», a-t-il avancé.

«Je veux continuer à apprendre après ça. Je veux poursuivre mes études pour devenir un designer. Ce cours me permet d’apprendre les genres de matériaux qui sont utilisés au Canada parce que ce qui est utilisé dans mon pays est différent. On utilise plus de béton et moins de bois d’oeuvre», a-t-il ajouté.

Le programme est offert en anglais parce que c’est dans cette langue que ces nouveaux arrivants ont décidé de s’intégrer au Canada. Ils commencent alors leur journée par un cours de langue le matin où ils voient le vocabulaire qui sera utilisé en après-midi dans l’atelier de construction.

«Je crois beaucoup en la répétition du savoir. Ils vont répéter le mot et le voir. Ils vont toucher et manipuler les objets en plus de l’entendre avec l’accent du professeur de construction qui peut être différent de celui d’un professeur de langue», a expliqué le coordonnateur du programme, Khalid Badrezzamane, ajoutant que la formation peut aussi être offerte en français.

L’enseignant du programme de construction est par ailleurs Acadien. Omer Richard est sorti de sa retraite pour aider ces nouveaux arrivants.

«J’ai pensé qu’avec mes connaissances, je pouvais aller aider», a-t-il précisé.

En plus de briser la barrière de la langue, M. Richard a dû établir un lien de confiance avec ces nouveaux arrivants.

«Au début, c’était un peu difficile parce que je suis sûr que comme immigrants ils ne sont pas certains de comment on va les recevoir. Je me suis dit qu’une personne, c’est une personne et j’ai tenté de les mettre à l’aise autant que possible. Ç’a pris environ deux semaines pour qu’ils se rendent comptent que je ne voulais rien d’autre qu’être leur ami. On est maintenant rendu comme une petite famille», a indiqué l’enseignant.

Le programme a aussi été créé pour aider les immigrants à en apprendre davantage sur la culture canadienne et à leur trouver un emploi. Aussi offert à Miraimchi, l’initiative aurait permis à trois étudiants de se trouver un emploi en construction.

«Ça leur donne la chance d’apprendre la culture, les habitudes et d’autres habiletés comme la ponctualité, les engagements, etc.», a expliqué M. Badrezzamane.

Les étudiants de Dieppe termineront leur formation à la mi-mars.