«Crise» généralisée dans les soins de santé, selon l’opposition

De la pénurie d’infirmières au surmenage des travailleurs paramédicaux en passant par les listes d’attente interminables et les hôpitaux qui débordent, le système de santé est en crise au Nouveau-Brunswick, selon les partis d’opposition.

Le Parti progressiste-conservateur et le Parti vert semblent s’être passé le mot pour dresser un bilan peu reluisant de l’état du système de santé dans la province.

Ils accusent le gouvernement libéral de se mettre la tête dans le sable plutôt que d’admettre l’urgence de la situation.

Le ministre de la Santé, Benoît Bourque, se fait pourtant rassurant et s’en prend plutôt aux partis d’opposition qui brandissent à son avis inutilement l’épouvantail de la peur.

Les anecdotes qui s’accumulent dans les médias au sujet d’ambulances qui n’en finissent plus d’arriver, surtout dans les régions rurales, sont un des nombreux exemples de ce qui va mal dans le système de santé, selon le député progressiste-conservateur Brian Macdonald.

«Il y a une crise présentement avec nos travailleurs paramédicaux. La situation se détériore sous le gouvernement Gallant. Nous n’avons pas assez de travailleurs paramédicaux. Parmi ceux que nous avons, il y en a de plus en plus qui sont épuisés et de moins en moins qui peuvent travailler. Et ceux qui restent doivent en faire de plus en plus et on est en train de les épuiser aussi.»

La crise est cependant loin de se limiter aux ambulances, prévient M. Macdonald.

«Nos temps d’attente sont les pires au Canada. Beaucoup de gens ont de la difficulté à avoir accès à un médecin de famille. C’est bien connu que nos hôpitaux sont surpeuplés. Pour moi, c’est une crise.»

Selon le chef du Parti vert, David Coon, les temps d’attente dans les salles d’urgence de la province «mettent le public en danger».

Le manque de personnel infirmier est également très inquiétant, souligne M. Coon.

«Les failles de notre système de santé s’aggravent. Encore une fois, je me demande ce que fait le ministre pour veiller à ce que nos hôpitaux aient assez de personnel infirmier pour occuper les postes des services d’urgence.»

«C’est un problème de gouvernance du côté du ministère de la Santé. C’est grave.»

La situation est loin d’être aussi sombre que veulent le faire croire les partis d’opposition, assure pourtant le ministre de la Santé.

«Est-ce que tout est rose et tout est parfait? Non, ce n’est pas le cas. Nous reconnaissons qu’il y a des défis au niveau de la rétention et du recrutement du personnel», admet Benoît Bourque, soulignant que ces problèmes ne sont «pas uniques aux Nouveau-Brunswick.»

Fredericton a notamment «triplé» le nombre de programmes de formation pour les travailleurs paramédicaux, rappelle le ministre.

Un comité a également été créé récemment en partenariat avec les régies régionales de la santé et les représentants des infirmières pour améliorer le recrutement et la rétention du personnel.

Le gouvernement a aussi prévu de l’argent dans son dernier budget pour embaucher davantage de médecins de famille et pour réduire les temps d’attente pour certaines chirurgies.

«Tout n’est pas parfait, mais les choses ne sont pas aussi noires que certaines personnes le prétendent», assure le ministre.